Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De nos jours, aussi bien Tajminte où se trouve le refuge de la Kahina que les lieux-dits Boutouken, Tabentot et bien d’autres encore, reçoivent des visiteurs peu délicats.

 

La toponymie est considérée comme la clé de l'anthropologue ou de l'archéologue dans sa quête de la vérité historique. Il est important, sinon capital, de connaître un nom de lieu, car il permet d'analyser et d'expliquer des données historiques avec la possibilité d'établir un lien ou relation avec le peu de vestiges, ruines ou traces qui restent même après des milliers d'années. En résumé, il y a possibilité de remettre un événement historique dans son contexte géographique authentique.

 

Le nom de lieu peut être un nom de famille, d'une fraction ou d'une tribu, comme il peut être aussi le nom d'une plante, d'un arbre, d'un oued, ou tout simplement le nom d'un ancêtre, des fois mêmes d’une couleur. Le meilleur exemple reste le nom Aurès, qui en plus d’avoir une composition orthographique purement berbère (chaoui), il indique aussi et surtout la couleur barbe du cheval. Le refuge de la Kahina ou encore l’abri de la Kahina, la reine berbère, de son vrai nom Daya, est une forteresse bâtie à même la roche, qui n’est pas la seule de son genre dans la région puisque d’autres constructions, datant de plus de 20 siècles, existent, aussi bien dans le voisinage proche que lointain (Taksrite, Romane et Tajminte…) et notamment dans plusieurs wilayas, comme celle de Khenchela où une grande ressemblance est constatée entre la tour de Tizergranine avec le refuge de la Kahina à Tajminte. Ce qui fait d’ailleurs dire aux spécialistes qu’il s’agit bel est bien d’une caractéristique de la construction berbère toujours en forteresse (défensive) et presque invisible, pour se prémunir des attaques et invasions de différents envahisseurs.

 

Lieu inaccessible mais d’où les habitants et guerriers peuvent se défendre en restant sur les hauteurs. Cette forteresse qui se trouve sur le territoire de la commune de Zribet el-Oued (wilaya de Biskra) a vécu et pendant longtemps l’isolement et la protection naturelle puisque aucune voie d’accès n’existait ni y emmenait. Et quelque part c’était mieux ! Car de nos jours, aussi bien Tajminte que les lieux-dits Boutouken, Tabentot et bien d’autres encore, reçoivent des visiteurs peu délicats. Des routes ont été ouvertes, ce qui a permis à des visiteurs des quatre coins des Aurès de s’y rendre pour perturber une quiétude qui a duré des siècles, en taguant des noms et autres graffitis, en détériorant le vestige… Ces vestiges ne font l’objet d’aucun classement encore moins de protection, ce qui est dommage, car des visiteurs indélicats, se croyant tout permettre, installent un tourisme sauvage.

 

Aussi bien le mouvement associatif qui étaient pourtant précurseur dans les différentes démarches des années durant pour la protection du patrimoine que les responsables locaux des différentes communes voisines (Felmeche, Zribet el-Oued et même T’kout) peuvent contribuer et d’une manière efficace à protéger ce patrimoine en souffrance et livrer à lui-même, sachant qu’il est unique dans son genre : des forteresses dépassent des bâtiments de 12 étages, réalisées avant l’ère chrétienne.

 

Des militants de différentes associations (chaoui Aurès, Aurès Kahina, ou encore de M’ziraâ) ont tiré la sonnette d’alarme via internet (réseaux sociaux), aucunement pour interdire les visites des lieux, mais pour régulariser, discipliner et orienter les visiteurs, qui n’ont pas l’autorisation d’accéder ou grimper dans les forteresses fragiles qui peuvent s’écrouler à tout moment, pour faire perdre au vestige son authenticité et le mettre dans l’irréversibilité. Koceila, étudiant en architecture et président de l’association Yemma el-Kahina, nous a affirmé avoir contacté officiellement, au nom de son association, les autorités locales et la tutelle à Alger, afin de les interpeller quant aux risques qu’encourt le site, suite aux rushs de différents visiteurs, qui dans leur majorité, font ce qu’ils veulent sans aucun respect aux lieux.

 

 Hamatou Rachid (source liberté)

Partager cet article

Repost 0