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Alger plaide toujours la solution politique pour résoudre la crise libyenne alors que cinq pays du Sahel, y compris le Mali dont le processus de réconciliation se déroule en Algérie même, appellent le Conseil de sécurité de l’ONU à la mise en place, en accord avec l’UA, d’une force internationale pour “neutraliser les groupes terroristes, aider à l’entente nationale et mettre en place des institutions démocratiques stables”. Le Groupe des Cinq du Sahel, à savoir le Tchad, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso, craint que les répercussions de la désintégration de la Libye influent négativement sur la stabilité de la sous-région. Alger, de son côté, insiste sur l’intégrité territoriale de la Libye pour éviter un scénario à la soudanaise.


Mais les motivations des initiateurs du sommet de Nouakchott sont autres et laissent penser que des puissances tierces seraient derrière un appel qui pourrait être exploité pour justifier une intervention militaire. Face à une situation qui continue de se dégrader dangereusement sur le terrain et dont l’une des premières conséquences a été la terrible attaque contre le site gazier de Tiguentourine en janvier 2013, les autorités algériennes sont conscientes que la mise en œuvre de la solution diplomatique, qui semble avoir la caution de Paris, de Rome, de Londres et de Washington, n’est
pas du tout facile. La complexité de l’échiquier politique, le lourd héritage du règne de Kadhafi, la guerre pour le contrôle des zones pétrolières, la violence islamiste, l’implantation des groupes terroristes et le surarmement des milices constituent ce cocktail explosif qu’est la Libye d’aujourd’hui.


L’Algérie est déjà engagée dans le processus de construction de l’État libyen depuis 2012. Au-delà de l’aide financière, la formation des cadres de l’administration et des services de sécurité figure parmi les programmes conclus entre les deux pays. Mais les retombées ne sont pas immédiates. Les pressions exercées par certaines grandes puissances, qui évoquent le danger de voir la Libye devenir un sanctuaire du terrorisme international, risquent de faire voler en éclats toute une stratégie basée sur le moyen terme. Ce qui laisse une faible marge de manœuvre pour Alger.

 

Par: Salim Tamani

Tag(s) : #POLITIQUE

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