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Yennayer, symbole d'indépendance et de millénarité amazighes
Yennayer, symbole d'indépendance et de millénarité amazighes

Nous fêtons la plus importante des fêtes berbères ce 12 janvier. Yennayer, le jour de l'an amazigh caractérise le début du calendrier mythologique et agraire de ses peuples. L'intronisation de Chachnaq 1er qui avait refoulé il y a 2966 ans les troupes du pharaon Ramses III à la frontière égypto-libyenne a servi de repère historique à la création d'un calendrier moderne. En réalité son oncle Osorkon l’ancien avait déjà occupé le trône au pays des pyramides pendant au moins six années pendant la précédente 21ème dynastie mais Chechnaq 1er a laissé une empreinte plus marquante dans l’histoire. Il serait ainsi le Shishaq mentionné dans les récits bibliques.

La célébration de Yennayer durait trois jours chez nos ancêtres

La pratique rituelle de ce passage des premières portes de l'année, tiggura timenza ussegwas, a survécu à toutes les colonisations. La célébration de Yennayer durait trois jours chez nos ancêtres. Ils le fêtaient avec joie et amour. Aujourd'hui, Yennayer se fête en une journée ou la veille, selon les régions en Afrique du Nord. Force est de constater que ses valeurs, le sens de la vie collective et de partage ont résisté aux épreuves du temps.

En Kabylie des genêts sont déposés sur les toits des habitations

Yennayer représente une portée d’espoir pour la nouvelle année des Imazighen (Amazighs). Il est aussi ressenti comme un symbole identitaire pour toute la population de l’Afrique du nord, d'unité et de grandeur, car il renouvelle chaque année le lien direct avec la nature, la terre ancestrale à entretenir et réinvestir ! Tous les membres du foyer se réunissent, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, la veille du Nouvel An Amazigh, pour discuter et partager les principales informations économiques, sociales et culturelles de l'année et tous les biens qui vont avec, et aussi la transmission des connaissances sur la flore et la faune. Ils parlent même des relations qu'ils entretiennent avec les gens d'autres régions. On prépare pour l'occasion un repas très différent du quotidien, qui se prend en famille dans une atmosphère rituelle, et chacun avec des pensés positives pour l'année qui vient. Des genêts sont déposés sur les toits des habitations afin d’empêcher la malédiction d’entrer dans les foyers et chasser les mauvais esprits.

L'entretien et le renouvellement de toutes les réserves alimentaires

Autrefois les réserves cumulées toute l'année devaient être consommées la veille de Yennayer. Les familles faisaient habituellement don de denrées alimentaires et organisaient déjeuners collectifs. La réserve alimentaire symbolise une autonomie annuelle. Dans la foulée de la fête les hommes prospectent les terres.

Chaque année Yennayer est célébré dans la solidarité, dans la propreté irréprochable. Pour cette occasion, le grand ménage aura été fait, les ustensiles usés remplacés, les murs des maisons recouverts juste à temps par de la chaux. Les villageois s’invitent entre eux. Il est réservé une part à l’absent, l'immigré ou le passant qui visiterai le hameau à l’improviste.

Le 13 janvier correspond au 1er Yennayer, une confusion entre le 1er Jour de Yennayer et la fête de Yennayer

Yennayer correspond également au début du calendrier agricole chez les Amazighs, d’où le fait qu’il est célébré traditionnellement par des rites agraires. Il coïncide avec le 13 janvier du calendrier grégorien, fêté le 12 janvier. L’écart du calendrier grégorien avec le calendrier julien était de 12 jours au 19ème siècle. Il est passé à 13 jours au 20ème siècle. Yennayer correspond donc normalement aujourd’hui au début de l’an julien, c’est-à-dire le 14 janvier.

Yennar est fêté par les Numides Auréssiens, Gétules Tunisiens, Touaregs et Libyens le 14 janvier. En Libye, Yennayer a été décrêté jour férié le 14 janvier depuis 2012.

Les Amazighs au Maroc ont optés pour le 13 janvier.

Les Kabyles maintiennent le 12 janvier comme premier jour de Yennayer.

Cet événement enraciné depuis des siècles au plus profond de la société a la particularité d'être célébré par toutes les populations de l’Afrique du Nord.

Ammar Negadi, le sourcier visionnaire de Tamazight

On doit le calendrier berbère moderne d'aujourd'hui, très flexible, à Ammar Negadi dans les années 1980.

Amar Negadi quitta l'Académie Berbère en 1975 qui était connue aussi sous le nom Agraw imaziɣen, une association qui a existé entre 1966 et 1978. Ammar Negadi créa aussi l’Union du peuple amazigh (UPA) (Tediut n’Aghrif Amazigh) en 1978, comme il participa à la création du Fus dheg Fus, qui devint le premier alphabet tifinagh.

Il publia le premier calendrier berbère en 1980 dans le bulletin Azaghen.

Fêté de partout en Afrique du Nord mais de façons différentes

En Kabylie, il est encore d'usage de couper la mèche d'un nouveau-né ce jour précis. Le bout de cheveu est coupé du côté droit. Cette opération est renouvelée dès qu'il est en âge de marcher entre deux et trois ans. C'est aussi le jour où il fera son premier marché avec son père qui lui achètera à cette occasion une tête de bœuf. Le repas de veillée familiale est constitué d'un couscous aux pois chiches, fèves sèches, haricot blancs avec de la viande, ou le berkoukas avec les œufs durs et avec toute sortes de fruits.

Chaque ingrédient a une signification bien précise. Les œufs symbolisent la paix et la joie, les légumes secs la fertilité, les fruits l’union, la prospérité, la tête de bœuf la responsabilité. La coupe des cheveux pour le garçon, symbolise la protection divine ou l‘éloignement des mauvais sort.

Les plats traditionnels diffèrent d'une région à l'autre.

Mokrane NEDDAF ( source kabyle.com)

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