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«S’abreuver à la sagesse de jadis…» Djaffar Aït Menguellet. Chanteur et compositeur

Musicien et compositeur avant tout, comme il aime souvent à le revendiquer, Djaffar Aït Menguellet s’impose désormais sur la scène artistique nationale comme un chanteur reconnu, dont les albums et spectacles captivent un public de plus en plus large. Son dernier opus, Tid n’Zik (Les choses d’antan), dans les bacs depuis quelques semaines seulement, fait déjà l’unanimité. Sur Tid n’Zik, sa carrière et sa forte complicité avec son père, Djaffar Aït Menguellet se livre en toute humilité à travers cette brève interview.

Votre nouvel album, Tid n’Zik, semble marquer une mutation dans votre façon d’appréhender la musique et le chant. Est-ce le fruit de la maturité ?

Je l’espère en tout cas… A travers Tid n’Zik, j’ai surtout essayé de faire revivre et perpétuer ce qui subsiste encore du patrimoine et de la sagesse populaire en Kabylie. Cette culture populaire, incarnée par quelques aînés encore vivants, recèle en effet d’inestimables trésors. Mais, elle demeure confinée dans la tradition orale et souffre de ne jamais être écrite, ce qui risque à la longue de provoquer son altération, voire sa disparition.

En la faisant revivre à travers mon nouvel album, je tente ainsi d’apporter ma modeste contribution à cette entreprise de longue haleine que d’autres ont entamée avant moi, afin de la préserver et de la transmettre aux nouvelles générations.

Tid n’Zik aborde plusieurs thèmes et embrasse différents genres de musique. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Les sept titres qui composent ce nouvel album abordent, en effet, des thèmes aussi variés que l’amitié, la nostalgie, l’amour, la jeunesse, les choses de la vie de façon générale. A la différence un peu de mes albums précédents, tous ces thèmes sont liés par une trame ou une contexture évidente, qui s’est presque imposée à moi et qui traduit surtout un état d’esprit, qui découle sans doute des évolutions de la vie et de l’âge. S’agissant de la musique, je m’inspire effectivement d’un large éventail de styles et de genres, y compris même de la techno, mais ce qui compte avant tout est de parvenir à mettre le doigt sur cette petite mélodie qui permet de mettre en harmonie le texte et la musique et de donner un rythme juste à la chanson.

Comment se déroule ce processus de création avec votre père, le grand poète Lounis Aït Menguellet, qui écrit la plupart de vos textes ?

Ce n’est pas toujours ce que les gens ont tendance à imaginer. J’ai la chance de partager une forte complicité avec Lounis et je prends souvent pleinement part avec lui à ce travail d’écriture, qui n’est pas du tout un processus formel de partage des rôles, mais un échange spontané d’idées et d’inspirations. De nombreux refrains de mes chansons sont d’ailleurs d’abord de moi et puis Lounis, qui sait si bien capter mon état d’esprit, intervient par la suite en toute complicité pour parfaire ce travail d’écriture, en mettant bien sûr à profit son verbe et sa poésie.

Après la musique et le chant, envisagez-vous de passer un jour à l’écriture ?

Quand j’ai commencé à faire de la musique, on me posait souvent la question de savoir si je comptais passer un jour au chant. Je répondais souvent que ce n’était pas dans mes projets car je préférais me concentrer pleinement sur ce que je fais le mieux, à savoir composer et jouer de la musique.

Avec le temps, j’ai fini par me mettre au chant… Aujourd’hui, on me pose désormais la question de savoir si j’envisage de passer à l’écriture pour composer mes propres textes. Avec l’expérience, je préfère plutôt répondre qu’il ne faut jamais dire : «Fontaine, je ne boirai plus de ton eau», comme dit le dicton.

Des projets ou des dates de galas à retenir pour les semaines à venir…?

Juste après la sortie de mon dernier album, j’ai donné un premier concert à Paris. Pour ce mois de juin, deux autres concerts sont déjà au programme, l’un le 17, à la salle Ibn Khaldoun à Alger, l’autre dès le lendemain au Cabaret Sauvage, à Paris.

Suivront par la suite d’autres galas, qui sont déjà programmés, mais dont les dates officielles n’ont pas encore été fixées.

Tag(s) : #CULTURE