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 A Wissam, une artiste aux talents multiples “C’est toujours particulier quand je me produis à Seddouk”

Wissam a l’art qui coule dans ses veines. Elle a commencé dans la chanson pour s’investir ensuite dans le théâtre. Poussant loin son ambition, elle touchera également au cinéma où elle participera à une vingtaine de films environ. Nous l’avons croisée à Seddouk où elle a animé un gala organisé par l’association Tadukli du quartier Ighil Hamama et elle a accepté de répondre à nos questions.

La Dépêche de Kabylie : En tant que femme, cela a-t-il été facile pour vous de devenir chanteuse ?
Wissam
: Loin de là. J’ai été confrontée comme la plupart des femmes kabyles aux tabous. Et devenir chanteuse est l’un des plus insurmontables. Mais c’est depuis mon jeune âge que ma passion pour la chanson a commencé. Au collège, chaque année, les profs organisaient des galas et je faisais partie de la chorale. J’avais une grande envie de devenir chanteuse, mais je n’osais même pas en parler à mes parents du fait que du temps de notre génération, en Kabylie, les tabous empêchaient la femme de choisir son destin.

Dites nous comment vous avez pu casser ce tabou alors ?
Je me suis mariée à l’âge de 17 ans et je suis tombée sur un mari génial, compréhensif. Voyant que je souhaitais réaliser ce rêve qui me hantait, non seulement il m’a autorisée et encouragée, il m’a aussi beaucoup aidée et je dirai même que c’est grâce à lui si j’ai réussi une excellente carrière.

Comment s’est faite votre entrée dans la chanson ?
A la maison, je consacrais beaucoup de temps à composer des chansons. Quand j’ai pu réunir le nombre pour faire un album, j’ai fait part à mon mari et c’est lui qui s’est chargé de me trouver un studio d’enregistrement. Ma première cassette de 8 chansons est sortie en 1990 avec le titre “Lalah Idhaflawen ”.

Cette première cassette a-t-elle eu le succès espéré ?
Elle a eu un succès inattendu, ce qui m’a encouragée à aller de l’avant en composant une année après une seconde cassette qui a coïncidé avec la mort du président Mohamed Bouidiaf à qui j’ai rendu hommage en lui consacrant une chanson dont le titre «yubas aghadvine Thafath». Je commençais à être invitée pour animer les galas, des fêtes et autres cérémonies. Depuis j’ai fait de la chanson mon activité et chaque année je sors une cassette.

Vous êtes aussi une femme de théâtre. Dites-nous comment vous avez commencé sur les planches ?
Mes débuts dans le théâtre remontent à l’année 2005. J’ai participé à un gala à l’opéra d’Alger et c’est là que j’ai croisé Djamel Abdelli, un metteur en scène qui m’a conseillé de m’investir dans le théâtre. Comme j’habite à côté du théâtre régional de Béjaïa, cela m’a encouragée à tenter l’expérience. La première pièce dans laquelle j’ai joué était «les feux de l’amour» de Hadjira Oulbachir. Présentée au Festival du théâtre amazigh de Batna, j’ai décroché le meilleur rôle féminin. Six mois après, j’ai joué dans la pièce de feu Malek Bouguermouh «Ya rdjal, ya lahlalef», reprise par Omar Fatmouche, directeur du théâtre régional de Béjaia à cette époque-là. J’ai joué en tout dans 11 pièces de théâtre dont cinq ont on été primées.

Avez-vous une autre passion autre que la chanson et le théâtre ?
Ma troisième passion c’est le cinéma. J’ai entamé une carrière dans cet art en 2007. C’était lors d’un festival du théâtre professionnel amazigh où j’ai joué dans certaines pièces. Le réalisateur Abdelhak Mehdi m’a repérée et m’a proposé un rôle dans le film «sur le fil» de 25 épisodes. J’ai joué plusieurs rôles dans ce film. J’ai également joué dans le deuxième film du même réalisateur avec Sid Ahmed Agoumi. L’avant dernier film où j’ai joué est le produit de Ciné Art. Tourné à Seddouk en 2015, il a pour titre Toukit «le choc». Quant au dernier film qui m’a été proposé c’est un produit de 26 épisodes de TV4 sorti cette année et il s’appelle «Anza ouaoud».

Comment voyez-vous l’avenir de la chanson, du théâtre et du cinéma amazighs ?
Je félicite les Bouguermouh dont Malek qui était directeur du théâtre régional de Béjaïa, pour tout ce qu’ils ont fait pour le développement du théâtre. Abderrahmane est le père du cinéma amazigh avec le premier film tourné en 1993 qui était une adaptation du roman «la colline oubliée» de Mouloud Maâméri. Ils nous ont laissé des trésors que nous devons sauvegarder. Les nouvelles générations doivent prendre la relève.

La lutte contre le piratage vous réjouit-elle ?
Quel est cet artiste que la lutte contre le piratage ne réjouirait pas ! je salue bien sûr cette opération de l’ONDA qui a détruit plus d’un million de CD piratés. Le chanteur se sacrifie et on doit le protéger contre les gens sans conscience qui le spolient.

Le mot de la fin ?
Je suis à l’aise quand je me produis à Seddouk. Pour son public chaleureux et accueillant qui me respecte et me donne l’envie de continuer. Dès que je reçois une invitation, je réponds favorablement sans même y réfléchir. Comme aujourd’hui avec cette cour pleine à craquer de spectateurs, je me sens flattée.

Entretien réalisé par L Beddar.( source la dépeche de kabylie)

Tag(s) : #CULTURE

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