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Le royaume de Koukou revisité à Tizi-Ouzou

A l’occasion de la clôture du mois du patrimoine, la Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou a organisé, mercredi dernier, une journée d’étude autours du personnage historique Ahmed Oulkadi, Abou AbbasAhmed Oul Kadi, appelé communément Ahmed Ath Elqadi, fondateur du dernier royaume berbère Koukou en 1510, qui a même pris le contrôle d’Alger de 1520 à 1527, dans le cadre d’un conflit avec Khayr ad-Din Barberousse.

Plusieurs conférences autour de thème «Ahmed Oulkadi Fondateur du royaume de Koukou » ont été données par des historiens et enseignants universitaires qui à tour de rôle ont tenté de « ressusciter » ce royaume qui se situe, actuellement, au niveau d’Ait Yahia dans de la localité de Ain El Hammam. Ce pic surplombant toute la vallée du haut-Sébaou, est un endroit très stratégique, choisi par les fondateurs de ce royaume qui était en constante guerre avec les Hafsides de Béjaia.

La première conférence, intitulée « Le royaume des Ath Abbas et ses rapports avec le royaume de Koukou » a été donnée par Aissani Djamil, enseignant à l’Université de Bejaia, alors que la deuxième, intitulée « La vie socio économique à l’heure du royaume de Koukou » a été donnée Kacimi Zinedine, également enseignant à l’Université de Bouira.

Ces dernières ont été suivies par une autre conférence intitulée « Le royaume de Koukou entre histoire et légende » présentée par Boukhetouche, président de l’APC Souamaa, qui a été suivie d’une autre conférence animée par M. Nait Djoudi Oulhadj.

Les orateurs qui ont tenté de lever le voile sur cette période historique dont subsiste plusieurs zones d’ombre, se sont penché chacun à sa manière sur les aspects du royaume dont a écrit le célèbre sociologue et historien Iben Khaldoun dan son livre Histoire des Berbères.

L’origine de l’appellation de la famille régnante du royaume de Koukou « Oulqadi », remonte à leur aïeul Abou El Abbas El Ghobrini, originaire du village d’Aouri du âarche des Ait Ghobri, actuellement le territoire d’Azazga, Ifigha et Yakourene, qui exerçait en qualité de « qadhi el qodhat » et également conseillé auprès des souverains hafsids au niveau de la capitale des hammadite Béjaia, assassiné en 1305, qui donna par la suite le nom patronymique de la famille en raison de sa fonction de juge. Cela alors que l’origine de l’appellation du royaume de Koukou qui s'étendait sur une grande portion du littoral algérien, de Béjaïa à Chlef, jusqu'à Blida et l'Ouarsenis en passant par la Kabylie, reste encore une énigme. Certains historiens affirment qu’il s’agit de noix de coco qui ont été offerts par un roi d4Afrique au roi de Koukou qui les a plantés au niveau de son village, alors que d’autres affirment que ce nom fait référence à une cité prospère au nord du Niger « Gao », cocotiers emmenés d’Afrique et plantés en cette haute montagne.

Parmi les rois ayant régné sur le royaume de Koukou, Amer Oulkadi, connu pour sa tyrannie était redouté de tous. « Ce dernier, contrairement à son sage aïeul, fut un souverain fantasque, cruel, despotique et irresponsable » selon le conférencier Mohand Boukhetouche.

Des dictons le concernant subsistent encore de nos jours dans la culture orale. On dit alors « iwehech lefil ar nuyazed gemas » faisant allusion au jour, où ce roi avait ramené un éléphant qui saccageait les cultures des villageois, et qui sont allé se plaindre auprès de lui pour l’enfermer. Au moment de la plaidoirie, les villageois, se sont rétracté de peur, alors le vieil homme, qui avait pris la parole, ayant été abandonné par les siens et livré seul au courroux de ce roi, qui était un véritable bourreau, dit alors au roi « ton éléphant se sent seul, il faut le ramener une compagne ! ».

« L’épisode de l’éléphant, son remariage avant même l’enterrement de sa première épouse avec l’embarras des gens ne sachant plus s’ils devaient lui présenté des condoléances ou des félicitations, sont des exemples illustrant son arbitraire et son insouciance face à la souffrance des autres ; » dira encore l’orateur. Ce dernier avait d’ailleurs était assassiné « dans un complot ourdi par ses, aussi bien ses ennemis que ses partisans, et où son propre frère Ahmed prendra part », ajoutera Mohand Boukhetouche.

La veuve d’Amer s’en fuie en Tunisie où elle donne naissance à son fils Hend, l’héritier légitime du trône, connu sous le nom « Hend Attunsi Boukhtouche » ( l’homme au javelot), qui revient se venger en invitant les notables de la région à un festin qu’il transforma en une véritable carnage. « Quelques temps après Hend reconquit le trône de son père », dira l’orateur.

Notons, qu’en plus des conférences, le public a eu droit a une projection de film documentaire « Ahmed Oulkadi, un roi berbère », de N'Ait Iften Djamel qui a tenté de dissiper sur ce personnage fondateur du dernier royaume berbère.

Qui est Ahmed Oulkadi ?

Repères. L’origine de Sidi Ahmed ou el Kadhi ou Ahmed ben El-Qadi, Ahmed Belkadi, fondateur d’une principauté kabyle, le royaume de Koukou, au début du XIII ème siècle, remonte aux idrissides, souverains de Fez et de Tlemcen, et , par conséquent, au prophète Mohammed, leur ancêtre est Amer-Ben-Idris.

Ahmed Oukadi, comme étant gouverneur de la province d’Annaba au début du XIII siècle. En 1510, au moment de la prise de Bougie par les Espagnols, il se réfugie sur la terre de ses ancêtres; fédérant autour de lui plusieurs tribus kabyles, il établit le centre de son pouvoir dans le village-citadelle de Koukou, au niveau de l’actuelle commune d’Aït Yahia.

« Le royaume de Koukou fut fondé en 1510 par Ahmed-ben-el-Qadi, qui était juge à la cour des derniers rois de Bougie. Lors de la prise de cette ville, le 6 janvier 1509, il s’était réfugié chez les Qbaïls [Kabyles] des Aït-Ghoubri, à Aourir ; il était devenu le chef d’une confédération puissante », selon Louis Rinn dans une note de son ouvrage sur l’insurrection de 1871, publié en 1891.

En 1514, Ahmed Oulkadi, était chargé d’aider le célèbre corsaire de l’Empire ottoman, Arudj Barberousse, à chasser les Espagnols de Bougie. L’opération réussit dans un premier temps, mais les Espagnols reprennent ensuite la ville, qu’ils ne cèderont qu’en 1555. Ensuite, Sidi Ahmed ou el Kadhi est vainqueur du chef du royaume des Beni Abbes de la Kalaâ dans les Bibans.

En 1518, Arudj, ayant trouvé la mort à Tlemcen, est remplacé par son frère Khayr ad-Din Barberousse, qui accuse Sidi Ahmed ou el Kadhi de trahison. Celui-ci se réfugie dans sa forteresse de Koukou en attendant un moment propice, qui survient en 1520, quand Barberousse avait décidé de lancer une expédition contre Koukou. La bataille a lieu dans la plaine des Issers (actuellement commune des Issers, dans la wilaya de Boumerdès), à mi-chemin entre Koukou et Alger. La victoire des Kabyles est sans équivoque et c’est avec beaucoup de chance que Kheireddin en échappe. Victorieux, Sidi Ahmed ou el Kadhi s’empare d’Alger et y règne jusqu’en 1527.

Kheireddin revient alors à l’improviste, débarquant à l’embouchure du Oued Sebaou; il vainc quelques contingents kabyles près de l’oued Bougdoura (actuelle commune de Draâ Ben Khedda). Sidi Ahmed prend position au col d’Aït Aïcha des Issers. Cernés dans la plaine, Kheireddin et ses partisans sont en très mauvaise posture, mais la nuit précédant le combat, Sidi Ahmed ou el Kadhi est assassiné durant la nuit, dans son propre camp.

Dahbia B. (source la cité)

Tag(s) : #HISTOIRE

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