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 “Amirouche, l’enfant terrible de la révolution”, de BellahsÈne Bali Les héros sont éternels

L’ouvrage de Bellahsène Bali regorge de documents divers, de références bibliographiques et de témoignages qui susciteront la curiosité des chercheurs, des étudiants et des simples lecteurs.

Amirouche, l’enfant terrible de la Révolution est un livre de Bellahsène Bali, paru aux éditions Thala en 2015. D’emblée, il peut être classé dans la catégorie de livres d’histoire, puisque l’auteur se définit lui-même comme historien. Il a déjà publié, entre autres, Mémoires d’un jeune combattant de l’ALN aux éditions El-Achraf à Beyrouth et Le rescapé de la ligne Morice aux éditions Casbah à Alger. Bellahsène Bali se présente ainsi comme un ancien de l’ALN pour laisser entendre qu’il est bien placé pour parler de la Révolution et de ses héros, parmi lesquels le colonel Amirouche Aït Hamouda qu’il appelle “l’enfant terrible de la Révolution”. L’auteur se base sur des “écrits, témoignages et documents” pour aborder le célèbre officier de l’ALN. Conscient de la difficulté d’appréhender l’histoire récente, Rabah Tabti, dans sa préface, estime que “Bali a tenu à rendre hommage à ses frères de combat, morts ou vivants. Il a écrit avec discernement, sans passion, sans rancune, sans complexe. Il s’est fixé une ligne de conduite dont le souci majeur est l’objectivité”.
L’universitaire de Tizi Ouzou ajoute que Bali “a su ignorer et éviter la subjectivité où sont tombés malheureusement d’autres Algériens qui se sont improvisés historiens”. Affirmation que seuls les lecteurs du livre sauront apprécier.
Concernant le livre lui-même, l’auteur débute par une introduction où il met en exergue la grandeur et l’héroïsme de Amirouche, avant d’aborder rapidement les conditions de sa mort car, affirme-t-il, c’est la question qui revenait le plus lors des conférences qu’il avait animées. Sa réponse était “qu’ayant participé à la Révolution dans la Wilaya V, je n’avais aucune connaissance particulière des événements survenus dans la Wilaya III”, avant de “s’inscrire en faux contre les assertions infamantes”, faisant allusion aux accusations de trahison de Amirouche par ses pairs.
Sur les conditions de la mort du chef de la Wilaya III, la position de l’auteur semble évasive, soucieux qu’il est “d’unir et non de diviser”. D’un autre côté, il ne cesse, à longueur de lignes, d’encenser Amirouche, le désignant comme héros authentique, courageux et intelligent.
Dans un autre chapitre, Bali aborde l’épisode de la “bleuite” dont il décrit les péripéties à travers Les dossiers secrets de l’Algérie de Claude Paillat. Celui-ci présente Amirouche comme un chef qui devint “sanguinaire” lorsqu’il estima qu’il y avait “un complot contre-révolutionnaire” dans sa Wilaya et même chez les voisins. Les termes de “torture”, de “charniers” défilent dans les paragraphes de Paillat dont les écrits journalistiques ne sont pas des modèles d’objectivité.
Bellahsène Bali nuance les affirmations de Claude Paillat en faisant dire à Boualem Benhamouda : “D’un autre côté, les ministres du GPRA Krim et Boussouf ont adressé des messages de félicitations au colonel Amirouche pour sa réussite dans l’anéantissement du complot”, avant de se rendre compte de la réalité et de faire dire à Ferhat Abbas que “Amirouche n’a pas pu discerner le faux du vrai dans l’affaire de la bleuite, victime de l’intoxication des services psychologiques français”. Cependant, tous les témoins de l’Histoire, tout en s’étonnant que l’intelligent Amirouche n’ait pu se rendre compte du jeu des services spéciaux ennemis, mettent en évidence son désir de défendre la Révolution avec acharnement.
Est-ce là le seul “fait d’armes” à retenir de Amirouche ? Non, répond l’auteur, qui, tout en rappelant son héroïsme, va jusqu’à le qualifier “d’homme d’État”.
Pour souligner les qualités de fin organisateur du chef de la Wilaya III, Bali reproduit en annexe “les directives générales du 1er novembre 1958” émanant de Amirouche et adressées aux officiers et djounoud de sa Wilaya.
Une image y prédomine : celle d’une armée organisée et disciplinée. L’ouvrage de Bellahsène Bali regorge de documents divers, de références bibliographiques et de témoignages qui susciteront la curiosité des chercheurs, des étudiants et des simples lecteurs.

ALI BEDRICI (source liberté)
Amirouche, l’enfant terrible de la Révolution, de Bellahsène Bali, Thala Éditions, 246 pages, 2015.

Tag(s) : #CULTURE

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