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 Il évoque le statut de la femme dans les sociétés arabes Réédition du livre “Le voile du silence”, de Djura

Cette autobiographie constituait, à l’époque où la chanteuse l’avait écrite, un cri de détresse et un moyen de dénoncer la société maghrébine. Ce livre raconte ainsi le combat de l’auteure, au nom de l’amour, de la liberté et du respect de la femme.

Djura, de son vrai nom Djouhra Abouda, fondatrice du groupe phare de musique kabyle Djurdjura, vient de rééditer son livre à succès Le voile du silence, en format livre de poche, aux éditions Michel Lafon. Paru d’abord en 1990, cette autobiographie traite de la condition féminine dans les sociétés maghrébines, l’exclusion des femmes et le traitement qui leur est réservé dès qu’elles osent s’affranchir des traditions et des coutumes séculaires dominantes. Ce livre raconte ainsi le combat de l’auteure, au nom de l’amour, de la liberté et du respect de la femme. Reniée pour s’être mariée et avoir conçu un enfant avec un français, Olivier, Djura tentera malgré tout de concilier vie conjugal et ses racines, mais à quel prix ? C'est la condition de la femme arabe que l’artiste a choisi de dénoncer, et sa révolte est à la mesure de son engagement, à contre-courant des coutumes.
Elle dit quelle a été sa volonté d'en sortir, malgré les épreuves et les interdits au sein d'un monde hostile, même à l'intérieur de sa propre famille au point que le suicide ait pu, un temps, constituer une délivrance. Elle analyse aussi ce que fut son ouverture à la culture française, la découverte de sa personnalité, de son originalité, de sa vie de femme, de sa valeur, de sa générosité aussi puisqu'elle avait choisi d'aider tous les membres de cette famille qui furent aussi ses bourreaux. Ce livre est un pas vers l'émancipation de la femme algérienne, de sa reconnaissance en tant qu'être humain. Traduite en plusieurs langues comme l’anglais, l’italien, le bulgare où en encore l’allemand, cette autobiographie reste malheureusement d’actualité 25 ans après sa première publication, car beaucoup reste à faire en matière de libération et respect des femmes. À rappeler que Djura est la première femme issue de l’immigration et d’origine maghrébine à avoir réalisé de nombreux projets cinématographiques, comme Algérie en couleurs, Ciné cité, et le long-métrage Ali au pays des merveilles. Elle est également la première femme à avoir créé un groupe exclusivement féminin d’expression berbère, DjurDjura, en 1979. Par son livre enfin, elle est une pionnière dans la dénonciation de l’archaïsme et le traitement réservé aux femmes dans les sociétés maghrébines.


Yasmine Azzouz ( source liberté)

Tag(s) : #CULTURE

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