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Une région qui enchante par ses sites et son Histoire Agouni Gueghrane, thezridh ayen ilan…

Agouni Gueghrane, un village culminant à 1 119m d’altitude, est situé à 8 kilomètres au Sud-est de la ville des Ouadhias, dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Borné par Ouadhias au Nord, Bouira au Sud, Ait Bouaddou à l’Ouest et Aït Toudert et Ait Boumehdi à l’Est, Agouni Gueghrane compte quelque 9 692 habitants. De par ses sites féériques, étant situé entre de grands rochers, le village accueille beaucoup de visiteurs, surtout en cette période des grandes chaleurs, attirés par un climat des plus frais et des sites à en couper le souffle. Il faut dire que l’accueil et l’hospitalité des Ath Vouchenacha font que chaque personne ayant mis les pieds dans ce village, y retourne dès que l’occasion se présente. Les femmes ici sortent chaque matin, comme au bon vieux temps, acheminer leurs déchets ménagers vers la décharge du village, avant de se rendre aux champs pour accomplir différentes besognes, propices à chaque saison. Les hommes, eux, commencent par faire les emplettes avant de vaquer à d’autres occupations. Dans la place du village, dénommée ‘’Afir’’, se regroupent, généralement en soirée, les personnes âgées pour parler de tout et de rien en attendant l’appel à la prière d’el-Aicha, la mosquée se trouvant juste à côté. Les jeunes, eux, préfèrent une autre placette, un peu loin des habitations, pour leur rencontre. C’est un lieu d’une beauté indescriptible qui se trouve entre des rochers, dénommé ‘’Anou’’. Agouni Gueghrane, ce petit bourg situé sur les monts du majestueux Djurdjura, est chanté par de grands noms de la chanson kabyle, à l’image de Matoub ou Slimane Azem, un enfant du village.

Slimane Azem, ou agaruj n’tmusni

Slimane Azem est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane. En 1929, à l’âge de onze ans, Slimane Azem travaillait déjà comme ouvrier dans des fermes de colons à Alger. Tenté par l’exil, il rejoint, en 1937, son frère Ouali Azem installé à Longwy en France. Slimane était employé comme manœuvre dans les aciéries de la société des hauts fourneaux de la Chiers en Lorraine pendant deux ans. En 1942, il fut arrêté par l’armée nazie qui avait déclaré la guerre à la France et déporté en Rhénanie, pour le service du travail obligatoire (STO), pour n’être libéré qu’en 1945. Revenu en France, Slimane prit la gérance d’un café à Paris, où il interprétait des chansons du terroir pour un auditoire nord-africain. En 1948, il rentre au pays après une dizaine d’années d’absence. En 51, Dda Slimane composa sa première chanson ‘’Amouh Amouh’’, dédiée au grand poète kabyle Si Mouh Ou Mhand. L’identité, la patrie, l’exil et les valeurs sociales sont autant de thèmes traités dans ses compositions. Auteur, compositeur et interprète, Dda Slimane chantait dans les trois langues : kabyle, français et arabe. «Madame, encore à boire», «l’Algérie mon beau pays», «Nta mir w ana mir», «ffegh ay ajrad tamurt-iw» sont autant de chefs-d’œuvre qu’on lui connaît. Contraint à l’exil, il fut enterré le 31 janvier 1983 à Moissac en France, malgré son souhait d’être inhumé dans sa terre natale. Son talent et son parcours artistique époustouflant ont fait de lui l’un des chanteurs kabyles les plus populaires, dont les chansons sont toujours écoutées même après 33 ans de sa disparition.

Thamdha Ousserghi pour pallier au manque de lieux de loisirs

Pour pallier au manque d’infrastructures de jeunesse et de lieux de loisirs, les jeunes des villages se rabattent sur Thamdha Ousserghi, seul endroit où ils peuvent se baigner et se retrouver entre amis. En effet, en l’absence de plages dans la région, la masse juvénile se rend à Aït El Kaid, un village classé en 2006 patrimoine national et relevant de la commune d’Agouni Gueghrane, où se trouve ledit lac, aux sept retenues. Il faut reconnaître que ce dernier est un petit paradis sur terre. Tout au long du mois de Ramadhan écoulé, cet endroit était la destination privilégiée de plusieurs familles qui fuyaient la chaleur insupportable qui y sévissait. Et même après la fin du mois sacré, cet endroit continue de recevoir beaucoup de visiteurs. «À défaut d’aller tous les jours à la plage, vu l’éloignement et la cherté du voyage, nous nous rendons à Thamdha Ousserghi pour se rafraîchir et à moindres frais. En dépit de l’existence d’une soi-disant piscine à Ouadhias, notre préférence va toujours pour ce lac, où l’eau reste incroyablement fraîche malgré que le mercure atteint des pics à plus de 40° C», nous disait cet étudiant originaire de Thafssa Boumad, un autre village de la commune d’Agouni Gueghrane. Toutefois, il serait souhaitable que des plaques indiquant la profondeur des eaux et la dangerosité de se baigner y soient installées pour prévenir les noyades et autres incidents fâcheux.

Lycia A.( source la depeche de kabylie)

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