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CHANSON Son nouvel album Ahedri est dans les bacs Saidani Rabah, le retour...

Rabah Saidani, l'enfant prodige et artiste d'Ihadhriyène dans l'aâch d'Ath Kouffi (Boghni), fait son retour sur la scène artistique avec un nouvel album. Il marque ainsi ses quarante-sept ans de carrière.

Depuis la fin mars, sa douce voix comme jadis tonne chez tous les disquaires non seulement de la Kabylie profonde mais aussi d'Algérie. Ahedri, ne pas confondre avec "le citadin", mais beaucoup plus avec son lieu de naissance, est arrivé dans les bacs. Mais tout de même à écouter ce joli titre, la bonne oreille et l'esprit lui colleront ce qu'insinue son auteur. "Ce n'est pas un exode vers la ville mais c'est surtout la façon dont je suis vu dès que j'avais atterri dans la vallée il y a très longtemps", dira-t-il répondu pour expliciter le titre phare de ce nouvel opus de huit chansons, venu s'ajouter à son répertoire fort de plus de 570 chansons dont 400 d'entre elles sont à l'ONDA. Dda Rabah, comme l'appellent aussi bien les intimes que les autres, modeste qu'il est parce qu'on le voit avec des jeunes, des personnes âgées et même des enfants, toujours égal à lui même, fête ses quarante-sept ans marqués d'éclatants succès. Qui ne se souvient pas de ses premiers 45 tours de tous ses débuts. C'était en 1976, lorsqu’il rencontra dans un studio le grand Slimane Azem qui voyait en lui un autre fer de lance de la chanson kabyle, dont les titres sont Ittij (Le soleil) en 1972 et A yakham (Ô maison) et Al kaghadh. Pour des raisons que tout le monde connaît (la décennie noire), comme de nombreux artistes respectables comme lui, le temps ne permettait pas de chanter sur des cadavres, il s'est éclipsé durant des années. En 2009, comme ce besoin de reprendre le chemin des studios le secoua un petit peu, il ne resta pas insensible et il édita A yadrar (Ô montagne), un disque qui a bien marché. De là, cette belle voix reprend de plus belle. Côté souvenirs, notre chanteur peut raconter des pages. «Rencontrer Dda Slimane, Dda Kamel Hamadi que Dieu le protège et bien d'autres monuments de la chanson kabyle en particulier et de la chanson algérienne en général, sont des moments inoubliables. Réécouter mes duos avec Anissa et Zohra me replongent dans ma tendre jeunesse et me redonnent le goût de revenir vers mes fans. C'est d'ailleurs à cause de ces derniers que j'ai décidé de revenir peu à peu sur scène», a-t-il avoué juste quelques jours après la sortie de ce nouvel album qui, disons-le, se vend déjà comme de petits pains. Avant de nous faire part de son contenu, Dda Rabah nous rappelle qu'en juillet 2015, il a reproduit une dizaine de ces meilleurs succès dans un CD. "C'était des 45 tours et des cassettes. J'ai voulu avec l'introduction des nouvelles technologies et de nouveaux moyens disponibles dans nos studios en faire une compilation. D'autres projets comme celui-ci sont en gestation", a-t-il affirmé. Concernant ce nouveau CD "Éditions Massinissa", paru le 25 mars dernier, il se compose de A wid i yekhedmen leqrar, Agma luleghd d'ahedri, Mazal uliw, Makti d asmi, Inet as i yemma, Leflani, Yugi wi iâzizen felli et Thighri n'ar ud. Pour cette dernière chanson, c'est une nouvelle version de l'une de ses plus belles chansons "L'écho du tonnerre". Tout comme dans toutes ses chansons, c'est lui même l'auteur, le compositeur et l'interprète. D'ailleurs, pour anecdote, quand Dda Kamel Hamadi lui avait proposé de lui écrire des textes, cet artiste lui avait répondu qu'il avait assez de textes qu'il cherchait même des chanteurs pour lesquelles il les donnerait. C'est pour dire que Dda Rabah écrit non seulement pour lui mais pour les autres. "Ce n'était pas un refus mais du respect pour ce que je faisais. Dda Kamel m'avait compris et m'avait même encouragé à continuer sur cette voie. J'avais même écrit des chansons pour d'autres sans aucune contrepartie mais c'était pour moi de les aider", a-t-il rappelé. "Ahedri" est aussi un hymne à l'amour. Tout comme dans sa folle jeunesse des années fastes de la chanson kabyle où il y avait vraiment de la bousculade devant les studios, Dda Rabah replonge sa génération et celle d'aujourd'hui dans ses chansons bien ciselées aussi bien sur le plan textuel que musical. Donc, des mélodies douces et des paroles captivantes ont été son choix dans par exemple "Mazal uliw" (Mon cœur y est toujours, une déclaration d'amour à peine voilée), et dans les autres bien sûr. Pour lui, Tayri c'est tout, l'amour au sens propre et large du terme. Ce sont des titres très bien travaillés parce que, faudra-t-il le souligner, l'enfant d'Ath Kouffi tout comme pour toute sa génération, les paroles ont la primeur et leur pesant d'or. C'est ce qu'ils appellent "Imaslayen zediguen" (Des paroles propres) qu'on peut écouter partout, en famille, dans le bus, sur la place du village, dans nos fêtes... "Ce sont des paroles qui sortent de mes tripes. Et puis, c'est notre éducation. On ne blesse pas mais on console", n'a-t-il cessé de préciser. Le printemps kabyle ne fait que fleurir. Cet opus est aussi un hommage à tous les chanteurs qui nous ont quittés ces dernières années, laissant un vide qu'il faudra combler et que les jeunes prennent le flambeau parce que le chemin est encore long. Cela étant, Dda Rabah promet d'autres CD dans les mois qui viennent sans abandonner aussi l'autre art qui circule dans ses veines, à savoir celui d'artisan-bijoutier.

Amar Ouramdane (Source la dépeche de kabylie )

Tag(s) : #CULTURE

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