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Le premier jour, les organisateurs ont procédé au dépôt d'une gerbe de fleurs au carré des  martyrs de l’indépendance du chef-lieu de daïra, puis une autre au carré des martyrs du Printemps noir au village d'Ath Abdelkrim et une troisième sur la tombe du défunt au cimetière Jeddi-Ahmed.

Le comité de jeunes de Ouadhias a rendu un vibrant hommage, le week-end dernier, au regretté Chabane Hamici connu sous le célèbre pseudonyme de “Hamid de Radio-Paris”, et ce, à l’occasion du 45e anniversaire de sa disparition le 26 novembre 1972 à l’hôpital d'Eaubonne dans le Val-d’Oise à la suite d'un accident vasculaire cérébral qui lui avait coûté vingt-quatre jours passés dans le coma. Deux jours ont été consacrés à cet événement pour rappeler le parcours brillant de l’enfant d’Adrar Amellal, un village haut perché dans l’aârch Iwadiyen. Ainsi, pour le premier jour, les organisateurs ont procédé au dépôt d'une première gerbe de fleurs au carré des martyrs de l’indépendance du chef-lieu de daïra, puis une autre au carré des martyrs du Printemps noir au village d'Ath Abdelkrim et enfin une troisième couronne sur la tombe du défunt au cimetière Jeddi-Ahmed. Ce fut aussi l’occasion d’inaugurer le portrait de “Dda Hamid” à Tagnits Abbas. Il est à noter qu’une foule nombreuse ainsi que les autorités locales ont assisté à ces cérémonies de recueillement successives dans la matinée qui ont été marquées par de grand moments d'émotion devant la tombe du regretté artiste qui a toujours constitué une véritable légende à Ouadhias mais aussi aux quatre coins de la Kabylie profonde. Ce sont des enfants du village et c’est à sa veuve Nadine Jeanne Marie Dufresne appelée familièrement Nadia à qui est revenu l’honneur de déposer la dernière gerbe de fleurs sur la tombe de son regretté et adoré époux. Des témoignages émouvants s’en suivirent. Sa veuve, en dépit de son âge avancé, est venue de Paris pour rallier le cimetière Jeddi-Ahmed et assister fièrement à cet hommage en déclarant, en pleurs : “Hamid était un mari exemplaire. Il aimait tout le monde mais n’aimait pas l’injustice. Il était jovial, d’une grande bonté avec un gros cœur. Il a milité pour sa kabylité et son algérianité parce qu’il tenait beaucoup à ses origines (sa langue, ses coutumes) et à cette terre. J’ai décidé qu’il soit enterré dans son village aux côtés des siens. Et aujourd’hui, nous sommes ici devant sa tombe. Nous ne l’oublierons jamais.” Lui succéda alors le tenancier d’un café-restaurant où Hamid, son épouse, le regretté chanteur Slimane Azem et sa femme Malika se restauraient souvent. “Hamid ne faisait pas de mal à une mouche. Il était aimé par tout le monde. Je les accueillais, lui et Nadia sa femme mais aussi Slimane Azem et Malika dans une ambiance familiale. C’étaient des moments inoubliables. Que Dieu ait son âme et l’accueille dans son vaste paradis”, déclarera Si Moh. D’autres personnes témoigneront à leur tour sur l’émission populaire et légendaire qu’il animait à Radio Paris et qui était écoutée dans toutes les contrées de Kabylie durant les années 60 et 70. D’autres évoqueront aussi la chanson À madame encore un verre, chantée par le regretté Slimane Azem à laquelle participèrent Hamid et Malika, l’épouse de Dda Slimane. L’après-midi a été consacré à la projection d’un film documentaire sur le parcours du défunt, la distribution d’une brochure autobiographique de Dda Hamid et des témoignages de citoyens sur le parcours élogieux de ce grand reporter de radio ainsi qu’une exposition de photos, d’articles de presse se rapportant à la vie de Hamid “Ath Qrin”. Quant à la journée d'hier samedi, les visiteurs ont eu droit à un récital poétique, une pièce de théâtre, une chorale et à la distribution de prix aux élèves brillants de l’école Isly-Moussi et en guise de clôture un gala artistique. Pour rappel, Chabane Hamici dit “Hamid Radio-Paris” est né le 28 janvier 1929 à Ouadhias. Il quitte sa Kabylie natale en 1950 tout comme les jeunes de son âge pour la France où il décroche un poste de travail à l’hôtel des touristes dans le 15e arrondissement de Paris. En 1956, il exerce le métier de pigiste occasionnel. Deux ans plus tard, il occupe successivement l’emploi de commentateur politique, journaliste, producteur, radio-reporter puis animateur de l’émission Kabylie mon beau pays qui a eu un grand succès sur les ondes de Radio-Paris puis de l’ORTF. Il participe aux côtés de Slimane Azem, Bessaoud Mohand Arab, Taos Amrouche et bien d’autres à la création de l’Académie berbère (Agraw Imazighen). À sa mort, son épouse décide de le rapatrier dans son village natal pour qu’il repose au cimetière Jeddi-Ahmed car, a-t-elle dit, “Hamid portait dans sa poche un ‘peu de terre’ que sa maman lui avait fait parvenir comme porte-bonheur. Ce bout de terre est revenu avec lui jusqu’au village où il vit le jour”.

O. GHILEs (Source liberté)

Tag(s) : #CULTURE

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