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Les valeurs kabyles se retrouvent en adéquation avec les valeurs québécoises : la laïcité, l’amour du travail, l’égalité entre l’homme et la femme, le respect des lois, le civisme, la tolérance, le bénévolat.. Y. Az.

 
 
Parmi les populations nord-africaines, les Kabyles sont les premiers à avoir émigré massivement en France dès 1912. Ils s’installèrent dans les Bouches-du-Rhone, à Marseille principalement (huileries, raffineries, fonderies), dans la région parisienne (industrie) et dans le bassin houiller de Pas-de-Calais dans le nord. Les ouvriers kabyles étaient appréciés par les employeurs français pour diverses raisons :

Dextérité manuelle
Dès son jeune âge le Kabyle était amené à accomplir plusieurs travaux. Il devait apprendre à construire des murets avec des pierres sèches, tailler les arbres fruitiers, opérer des greffes, fabriquer des ustensiles de cuisine en bois, façonner des planches pour fabriquer des portes. Le Kabyle a toujours été industrieux car il devait, nécessité oblige, fabriquer tout ou presque avec ses propres mains.
En Kabylie , certains villages étaient spécialisés chacun dans un artisanat précis. Les Iflissen -N-Lebhar fournissaient toute la Kabylie en épées et autres armes blanches de toutes sortes, les At Yanni étaient spécialisés dans la bijouterie. Leurs bijoux sont recherchés dans toute la Kabylie. Ils fabriquaient aussi des fusils et de la fausse monnaie au temps des Turcs.
Imâatqiyen fabriquaient des poteries et des jarres à huile, d’autres villages étaient spécialisés dans le tannage des peaux ou le forgeage du fer.

Endurance et sérieux
L’ouvrier kabyle est très endurant, autrefois il pouvait travailler du lever jusqu’au coucher du soleil. Il est aussi très sérieux au travail, il s’acquitte des taches qui lui sont assignées consciencieusement. Il ne se dérobe pas, car pour lui il est honteux de voler du temps à son employeur. Cela est inconcevable même si c’est pour faire sa prière.

Maîtrise de la langue
Le Kabyle sait que la langue est le meilleur atout pour réussir. C’est pour cela qu’il s’attelle à apprendre les langues étrangères dès qu’il se trouve loin de son pays natal. En plus d’aimer sa langue, le Kabyle ne répugne point à s’approprier le français, l’allemand ou l’arabe.

Ouverture d’esprit
En général, le Kabyle aime se lier d’amitié avec les gens d’autres cultures. Il partage volontiers un repas convivial. Il ne vous demandera pas si le mouton a été égorgé en direction de la Mecque ou si le yaourt contient de la gélatine. Bien que les Kabyles sont en majorité musulmans (ils étaient aussi païens, juifs et chrétiens…), ils ne pratiquent pas la religion de manière rigoriste ou avec fanatisme. Le Kabyle aime profiter des plaisirs de la vie tout en espérant gagner une petite place au paradis.

Aujourd’hui, en France, il y aurait entre un million et deux millions de Kabyles bien intégrés dans leur majorité. Faut-il rappeler que Zineddine Zidane est kabyle d’origine puisque ses parents sont venus de Kabylie ? Les Kabyles sont attachés aux valeurs républicaines et sont en symbiose avec la société d’accueil.

 

Les Kabyles au Québec

Bien que la loi l’interdise, il y aurait des employeurs qui préféreraient embaucher cette main d’œuvre de qualité plutôt qu’une autre. Pour étayer nos propos, nous publions un extrait d’une lettre publiée dans Metro Montréal rubrique courrier le 28 août 2013 sous le titre “Emploi et favoritisme” :

« Nous savons tous qu’une entre¬vue n’est jamais aisée et encore moins acquise d’avance. Même si l’employeur est en position « de force », ce qui lui permet de poser des questions variées et poussées, cela est normal tant que cela a un lien avec l’emploi. Là où nous ne comprenons pas (je dis « nous », car nous sommes deux à l’avoir vécu dans un très petit groupe d’amis), c’est quand la question porte sur l’appartenance ethnique.

Elle est posée brusquement, pendant l’entrevue. Je le confirme, car elle m’a été posée.

Pour ce qui est de mon entrevue, en septembre 2012, à un moment donné, la question suivante m’a été posée : « Vous êtes Kabyle ? » J’ai été déstabilisé, la question était imprévue, injustifiée. Ma réaction a été prompte. De but en blanc j’ai demandé : « Est-ce nécessaire de l’être pour cet emploi ? » Quand j’ai appelé pour savoir quelle avait été la décision prise à la suite de cet entretien, on m’a répondu que le poste avait été comblé ».

 

L’auteur du courrier poursuit
Mon amie, étonnée par la même question n’a pas com¬pris où l’employeur voulait en venir et a répondu : « Non ! »
« Que répondre ? m’a-t-elle demandé. j’étais très surprise. j’ai pensé que la personne qui m’avait posé la question avait peut-être eu une mauvaise expérience avec un Kabyle... j’ai répondu : "Non." »
Puis, elle a écrit un courriel à cet employeur pour faire le suivi de sa candidature. On l’a rappelée pour lui dire que c’était une Kabyle qui avait été choisie ».

L’auteur après s’être insurgé contre le traitement réservée à sa candidature, termine sa lettre en signant M’HAND M. BENNI-YENNI

Ce monsieur signe M’hand pour montrer qu’il est kabyle. Mais pourquoi a-t-il caché son origine ethnique dans l’entrevue d’embauche ? Si l’employeur avait employé d’autres termes exemple : Algérien, Arabe, Musulman, aurait-il répondu également par la négative ?

La morale qu’on peut tirer de cette anecdote est qu’il ne faut jamais cacher son origine kabyle. Au contraire, il faut le dire avec fierté. Cacher son origine est le résultat d’un complexe et d’un profond malaise intérieur qu’on rencontre chez les peuples colonisés. Frantz Fanon a traité d’une manière magistrale ce problème dans son livre : Peau noir, masques blancs.

L’auteur pourrait aussi avoir choisi un pseudonyme qui ne représente pas sa vraie origine. Dans ce cas, on se poserait la question pourquoi un non Kabyle se ferait passer pour un Kabyle qui refuse d’assumer ses origines ?

Y. Az.

Le Québec est le deuxième pays où les Kabyles émigrent depuis que la France a fermé ses portes à la main d’œuvre nord-africaine. La grande majorité des Kabyles se sont installés dans la région de Montréal. Il y aurait entre 20 000 et 30 000 Kabyles au Canada. C’est une immigration sélectionnée. C’est une population jeune, diplômée et francophone. Les Kabyles sont également bien intégrés dans la société québécoise et contrairement à certaines communautés, les Kabyles ne sont agrégés dans aucun quartier. Ceci dit, ils ne forment pas un bloc compact comme les Haïtiens à Montréal Nord, les Juifs à Outremont, les Italiens à La Petite Patrie ou les Algériens arabophones et les Marocains au Petit Maghreb. Comme en France, les Québécois d’origine kabyle sont des citoyens à part entière. Les valeurs kabyles importées de leur pays d’origine se retrouvent en adéquation avec les valeurs québécoises : la laïcité, l’amour du travail, l’égalité entre l’homme et la femme, le respect des lois, le civisme, la tolérance, le bénévolat...

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