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Le pouvoir algérien, a toujours parié sur l'essoufflement et l'usure, usant d'intimidation, d'insultes, de diabolisation et de diverses répressions.

MAK : le passage de l’autonomie à l’autodétermination

En 2001, constatant l'impasse dans laquelle se trouvait la Kabylie, une poignée d'hommes a décidé de changer radicalement la trajectoire du combat identitaire kabyle : avec la création du MAK, la Kabylie devait prendre en main son destin. En 12 ans, cette organisation a fait un travail remarquable. La persévérance et le courage de ses militants a permis au MAK de traverser tous les obstacles qui se sont dressés devant lui.

Le pouvoir algérien, pariant sur l'essoufflement et l'usure du mouvement, usant d'intimidation, d'insultes, de diabolisation et de diverses répressions, a ignoré les revendications pour une autonomie de la région dans un cadre algérien. Nous prenons acte du refus du régime algérien d'entamer des négociations dans ce sens. A partir de là, la revendication autonomiste devient caduque en l'absence d'interlocuteur. Désormais c'est au peuple kabyle de décider de son destin : c'est l'autodétermination. Toutes les options sont désormais ouvertes. Pour faire simple, il y a trois solutions :

1) rester dans cette configuration et rester dans le giron de l'Algérie arabo-musulmane, telle que définie par la constitution algérienne depuis l'indépendance. C'est une option que nous ne souhaitons pas car au bout du chemin, c'est la disparition de la Kabylie dans toutes ses dimensions vitales et essentielles. Elle ne survivra que par le folklore.

2) l'option autonomiste. Le MAK a porté cette idée depuis sa création en 2001. Nous estimons qu'elle est devenue caduque du fait de son caractère interne à l'Algérie qui oblige ses dirigeants à faire face à un régime qui refuse de négocier et qui, au contraire, leur oppose le mépris, l'arrogance et la répression.

3) l'indépendance pure et simple de la Kabylie. Cette option peut paraître radicale et peut choquer certains esprits qui ont baigné dans le mythe de l'unité algérienne et de la fraternité entre tous. C'est pourtant celle qui permettra la permanence de la Kabylie et de son peuple.

Nous précisons que nous défendons désormais cette dernière option mais au final, c'est le peuple kabyle qui tranchera en son âme et conscience par un référendum authentique, encadré par les instances internationales. L'autodétermination est une grenade aux mains des "décideurs" algériens. Ces derniers ne pourront plus faire de la Kabylie leur souffre-douleur ou leur laboratoire de jeu. C'est un outil qui protègera les kabyles de tous les massacres dont leurs aînés ont été victime.

Le cas Idir

J'ai toujours trouvé anormal que ce grand artiste qu'est Idir, qui a fait connaître la Kabylie au niveau international grâce à ses chansons, notamment "A vava inouva", soit resté distant vis-à-vis du combat libérateur que mène Ferhat. Les choses sont désormais rentrées dans l'ordre puisqu'il a apporté son soutien franc et sincère à Ferhat dans son action. Idir est enraciné dans la culture et la tradition kabyle, ses chansons ont été puisé dans l'âme profonde et saine de la Kabylie. A ce titre, Idir ne peut être qu'aux côtés de ceux qui défendent la Kabylie et son peuple. Il ne fait que son devoir de kabyle.

L'intervention de Sadi à l’université des jeunes du RCD

Said Sadi a fait un parallèle entre le colonialisme français et le système politique algérien. Cette comparaison est juste. Il estime notamment que la solution se trouve dans l'éclatement du régime actuel, un peu comme l'indépendance de l'Algérie vis-à-vis de la France. Tout cela est très beau mais Said Saadi doit aller au bout de sa logique. Il y a une différence entre les kabyles et les autres algériens. Pour les kabyles, le régime algérien est un régime colonial. Pour le reste de l'Algérie, il s'agit d'un régime despotique et totalitaire mais non colonial. Le pouvoir algérien veut en finir avec la Kabylie en détruisant ses symboles et en lui imposant des valeurs contraires à son Histoire.

Retour sur le déjeuner du 3 août à Tizi Ouzou

Cette date va rester dans l'Histoire. Pour la première fois dans le monde dit "musulman", des citoyens ont décidé de briser le mur de la peur et de l'inquisition en mangeant publiquement pendant le jeûne du ramadan. En faisant le tour du monde, cette action a permis de faire connaitre la Kabylie, en lui donnant l'image d'une région tolérante et ouverte sur le monde. Cela a anéanti les plans du pouvoir, qui consistait à planter des imams, des terroristes et des maquis islamistes en Kabylie afin de lui donner l'image repoussante d'une région fanatisée par l'islamisme. Des islamologues comme Antoine Basbous commencent à parler de la Kabylie comme une région proche d'Al-Qaida. Il fallait montrer au monde que la Kabylie ne sera jamais une région terroriste mais au contraire, le bastion de la démocratie et de la liberté de conscience.

Quel prolongement pour cette action ?

Tout d'abord, cette action, malgré les tentatives de récupérations, a été initié, conçue et organisée par les autonomistes kabyles et ce, que ce soit en Kabylie, en France ou au Canada. Un groupuscule d'extrême-gauche, violent et intolérant, a voulu s'approprier la paternité de cette initiative. Concernant le prolongement de cette action et ses perspectives, nous en sommes encore dans la phase de reflexion. Nous nous acheminons vers une journée internationale de tolérance et de la liberté de conscience qui sera organisé dans un maximum de pays musulmans. Des contacts ont été pris avec des Tunisiens, des Marocains et des Egyptiens pour briser ensemble ce monolithisme étouffant, qui empêche les citoyens de vivre et de faire leurs propres choix.

La commémoration des événements du 17 octobre 61 à Paris

Cela fait maintenant 4 ans que les kabyles rendent hommage aux morts kabyles, massacrés et jetés à la Seine suite à leur manifestation pacifique pour soutenir la lutte indépendantiste algérienne. Cette année n'échappera pas à la règle. Nous commémorerons cette date, notamment par le biais du réseau Anavad. Toujours dans le même esprit d'opposition à la posture victimaire des associations satellites du régime algérien qui ne font qu'instrumentaliser ce drame. Peut-être que Bouteflika et son entourage mettrons un peu d'eau dans leur vin de demande de repentance, vu qu'il est soigné par les descendants des anciens colons français. Ou alors demander aux médecins du Val-de-Grâce de se repentir des crimes de leurs aînés.

Nafa Kirèche

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