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cherifa avec lounis menguelliteSa notoriété ayant dépassé les frontières du pays, la spécialiste des achouiq s’est produite à l’étranger, notamment à l’Olympia en 1993 et au Zénith de Paris en 2006. Une juste consécration pour une femme qui a beaucoup souffert.

 

L’animateur Riad Hadri a organisé le 21 juin dernier à la salle des fêtes Ghizlane d’Akbou, en collaboration avec l’association Illulen et l’APC locale, un vibrant hommage à la grande chanteuse kabyle Cherifa, absente de cette manifestation culturelle pour des raisons de santé. Les chanteurs Loualia Boussaâd, Louiza, Abbes N’Ath R’zine, Kamal N’Ali, les humoristes du groupe Lewhama et la troupe d’Idebalen N’Ath M’likech, entre autres artistes, ont tenu à marquer leur présence en guise de reconnaissance à la vieille dame de la chanson traditionnelle kabyle.

 

«Na Cherifa a le mérite d’avoir chanté à un moment où il n’était pas évident, surtout pour une jeune fille, de faire carrière dans la chanson. Celle que je considère comme ma mère fait partie aussi des pionnières qui ont bercé avec ses mélodies les auditeurs de la Radio Chaine II», affirmera Na Louiza avant d’entonner en chœur avec l’assistance un refrain de Sniwa Ifendjalene. Loualia Boussaâd aurait aimé avoir l’honorable dame parmi les invités et, la sachant souffrante, ne manquera pas de lui souhaiter un prompt rétablissement. «C’est une source intarissable d’inspiration pour les jeunes générations. J’ai eu l’insigne honneur de travailler à ses côtés et j’avoue que nous avons encore besoin d’une cantatrice de sa trempe», dira-t-il en substance.

 

Après la projection vidéo des chansons les plus connues de Na Cherifa, le duo Louiza-Kamal N’Ali entonna, en playback, son tube Sidi Oudriss»avant que la cornemuse des Idebalen retentisse à son tour au grand bonheur des présents. «Na Cherifa m’a avoué avoir composé Bka ala khir ay Akvou en prenant le train d’Alger en 1942. Son répertoire est riche de 800 chansons enregistrées. A Akbou, nous l’aimons toujours et nous ne l’oublierons jamais», fera remarquer l’animateur Riad tout en souhaitant à la diva de la chanson kabyle traditionnelle longue vie.

 

Ourida Bouchemlal, le vrai nom de l’artiste, est née en 1926 à Ilmayen (BBA). Parmi ses succès les plus connus du public nous citerons Bka ala khir ay Akvou (1942), Aya zerzour (1956), Azwaw (1972) et Sniwa ifendjalene (1990). Orpheline de son père et élevée par ses oncles après le remariage de sa mère, la jeune Ouardia dut quitter, à 18 ans, le cocon familial pour rejoindre Akbou puis Alger en ayant en tête l’inébranlable projet de chanter. Puisées dans le patrimoine musical kabyle, ses compositions reçurent un large succès auprès du public. Comme l’art ne faisait pas vivre en ces temps-là, Na Cherifa s’est vue obligée de faire des petits boulots pour subsister. Sa notoriété ayant dépassé les frontières du pays, la spécialiste des achouiq s’est produite à l’étranger, notamment à l’Olympia en 1993 et au Zénith de Paris en 2006. Une juste consécration pour une femme qui a beaucoup souffert.

H. Aït El Djoudi

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