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Conférence de Achab Ramdane à Bouzeguene  

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Pour la seconde fois depuis son ouverture, après le passage du Pr Ait Aider Aomar, le café littéraire de Bouzeguene a reçu le samedi 20 décembre 2014 en l’occurrence Mr Achab Ramdane, militant de la cause amazigh, docteur en linguistique berbère et éditeur. Dans son long réquisitoire, le conférencier a exposé ses idées et sa démarche concernant la langue Tamazight. Mais il a dressé un tableau peu reluisant sur l’enseignement et l’avenir de Tamazight. Il fustige le pouvoir en place de ne pas avoir donné suffisamment de moyens pour que la langue Tamazight soit érigée au même titre que l’arabe. Il a beaucoup parlé de sa maison d’édition « je voulais rajouter ma petite pierre à l’édifice, surtout de par mon expérience personnel » et il rajoute : « j’éditais surtout des auteurs berbérisants au sens large du terme et j’insiste surtout sur un aspect fondamental : le contenu des livres ». Puis il a retracé l’histoire des berbères et a situé géographiquement tous les berbérophones de l’Afrique du nord.
L’auteur nous a longuement expliqué sur l’aménagement du lexique berbère d’aujourd’hui, La plupart des néologismes de Tajerrumt sont empruntées, ainsi que l’indique Achab Ramdane dans son étude sur la néologie kabyle, dans divers dialectes berbères ( kabyle, chaoui, Chleuf, targui…)

Et le torrent nous emporta

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Le conférencier, qui a suggéré et a insisté sur la mise en place d’une « protection juridique » de la langue Amazigh et d’une académie de la langue Amazighe, a estimé que la situation de « recul de tamazight dans les régions berbérophones a été principalement induite par la déstructuration du système sociétal berbère et l’influence exercée par la langue arabe ». Frappé d’ostracisme, il ne cesse d’accuser le pouvoir en place d’être le seul responsable de la déperdition de nos valeurs, langues et culture amazigh.

Il persiste et signe : pour préserver notre langue et notre culture millénaire, il faut opter pour le fédéralisme politique, culturel et linguistique. On a subit trop de dégât et on a payé un lourd tribut. L’introduction de Tamazight dans le système éducatif est un échec pour lui, idem aussi pour son introduction dans les lourds médias (télévision et radio..) où la bêtise humaine, la décadence culturelle riment avec l’aberration et la déchéance , pour lui « il n’ y avait pas une réelle volonté politique pour promouvoir cette langue ». Les politiques et le pouvoir algérien ont depuis toujours essayé de saboter et de régresser en rang inférieur notre langue. Les femmes kabyles ont joué un rôle prépondérant dans la sauvegarde et la transmission de notre culture mais aujourd’hui, on assiste amèrement et impuissant face à un déferlement et à un torrent de cultures différentes envahissantes à l’ère de la mondialisation et de l’internet.
Il reste pessimiste, s’il sort de sa réserve est que l’heure est grave : notre langue et notre culture sont vouées à la disparition. C’est le cri d’un vrai militant engagé pour Tamazight.

 

Le débat

SAM_0437Et le débat fut très riche et fructueux tant en questionnement, en enseignement ?
Tout le monde s’accorde à dire que nous avons une part de responsabilité, il faut un débat franc et utile pour que notre culture et notre langue ne subissent pas le même sort qu’a subi les autres peuples et autres cultures : le déclin total. Il est temps de réfléchir, de débattre et de prendre des positions claires pour sauver une culture et une langue millénaire et qui appartient à l’humanité.

                                                                                               

 

Par : Amroun Omar

Tag(s) : #CULTURE

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