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Argent.pngIl pleut de l’or sur ma Kabylie comme sur la planète du petit prince… mais aussi des ordures.

Il pleut sur ma Kabylie des sommes colossales de pétrodollars corrupteurs et créateurs de larbins. Il pleut des pluies d’argent comme sur la Planète du Petit Prince. Les rivières sont en crue argentée, et les fleuves des fortunes détournées, qui descendent ne remontent plus le courant. Il y pousse dans ses jardins de grosses patates en forme de brosse. Ce qui donne, à bien des égards, si l’on ose une expression d’Henry Fonda, des élus luxurieux qui brillent aussi fort qu’un miroir de bordel. La Kabylie d’aujourd’hui dort à l’ombre de ses oliviers centenaires, tout le monde y parle argent, et elle, a du mal à faire parler héroïquement d’elle, les assassins de ses enfants courent toujours sans se faire inquiéter, avec des sourires narquois pour narguer, du haut des échelons gravis et des fortunes accumulées, les victimes de leurs crimes impunis ; ses ordures à ciel ouvert seraient-elles le résultat d’une pollution intrinsèque des esprits ? Si la beauté, dit-on, est superficielle, la laideur va jusqu’à l’os.

 Si la couleur du printemps est noire pour ceux qui ont leurs fils dans la tombe ou invalides à vie, elle n’a jamais été aussi blanche pour ces profiteurs de révolution qui se sont enrichis assez pour pouvoir envoyer leurs fils étudier à l’étranger à l’abri du grabuge promis par Boutef. Quand la vie de château se présente plus rapidement que prévu, le rêveur de l’HLM s’efface. Une société qui évolue au rythme de la bourqa et des hommes politiques qui s’enrichissent à la vitesse du bouraq.Ils s’enrichissent dans l’opposition plus qu’un roi dans son royaume. Nos députés qui refusent de lever les bras sont payés au même titre que ceux qui les lèvent. Opposés et opposants s’enrichissent à la même vitesse et se rejoignent devant le cash-flow financier. On se critique les uns-les autres et la caravane passe devant un peuple qui attend. A un certain stade rentier tous les dirigeants se ressemblent et brillent de la même façon sous les feux pâlissants de la rente.

Nos élus de la mise en scène démocratique

On a tendance à croire que le pouvoir utilise nos élus comme des bibelots de l’opposition pour la garnison de façade de son armoire démocratique fabriquée de tout bois. Une APN destinée à tenir la chandelle au président, autant remplacer ses députés par des ampoules de 60 watts, puisque la technique le permet. Ils jouissent aussi des mêmes égards et des mêmes privilèges. C’est à croire qu’on est dans un film où chacun joue son rôle pour la grandeur du metteur en scène. Dans une prison à Lambèse on pense autrement que devant des milliards à gérer. Nos élus perdent leur crédibilité par leur incohérence à manger sans retenue de la marmite du pouvoir tout en faisant semblant de critiquer la main qui les engraisse. A la culture militante des maquis intégristes du culte et du colt, nos élus répondent mollement par celle du trafic d’influence, du sexe et des sous. Quand le lièvre identitaire après lequel ils prétendent courir ne se trouve plus sur la même trajectoire que celui des opportunités à saisir, on le lâche selon la loi du plus offrant. Ramollis par les parfums des secrétaires et les salons de loisirs, ils ne peuvent plus se frotter contre la barbe hirsute des intégristes. Ils ne peuvent plus troquer leurs luxurieuses villas contre les maquis islamistes.

Ses héros à bout de souffle sombrent dans des discours esthétiques et rhétoriques serviteurs d’expressions. Ce sont de nouveaux riches qui ne savent plus parler aux pauvres. Un voleur qui crie “oh voleur !”, son message privé de la force morale qui le porte, vient sonner faux aux oreilles de l’assistance, ce qui donne des marches en panne de marcheurs. Le message ne passe plus, l’émetteur et le récepteur ne sont plus branchés sur la même longueur d’onde. Quand des élus du FFS ou du RCD s’enrichissent à la même vitesse que Amara BenYounes, El Hadi Ould Ali ou Khalida Toumi c’est que le système politique a évolué dans sa débauche vers un équilibre thermodynamique où tous les élus trouvent leur compte dans les mêmes conditions de température et de pression. Des députés égaux, de partis politiques différents, pris dans les mêmes conditions de corruption et de gestion, renferment le même nombre de milliards dans leurs comptes en banque ou, en cash, dissimulés dans leurs caves. Lors d’une réaction financière de députation, la masse budgétaire des députés finaux est infiniment supérieure à la masse budgétaire des députés initiaux, dirait un éventuel Lavoisier de cette alchimie politique créée de tous les sous par la soif du pouvoir d’un président tellement rancunier et haineux qu’il prèfère nous faire payer son humiliation en tuant le pays que de le remettre entre les mains de ceux qui l’ont humilié.

Mais bon sang, me disait un ami, nos élus ne volent pas, ils ne font que ramasser l’argent qui tombe du ciel, comme sur la planète du petit prince. Nos députés ne sont pas des candides et savent bien qu’un Eldorado d’ où l’on prend tout sans rien donner en contrepartie est un Eldorado qui ne dure pas. Autant donc voler au maximum pour pouvoir, en cas d’explosion, être en mesure de voler de ses propres ailes et, peut-être, le plus loin possible. Il existe un rapport direct de proportionnalité entre la quantité volée et la qualité de l’envol.

Le paradoxe APN : une institution où l’on s’élève à mesure qu’on se rabaisse

Ceux qui sont contre la réélection de l’absolu président sont rémunérés au même titre que ceux qui sont pour, c’est à se douter à s’y méprendre que ces acteurs du feuilleton politique version Boutef jouent des rôles opposés pour les mêmes besoins du scenario. Que dire aussi de cette presse indépendante inondée par la publicité de l’état qu’elle critique. Un état qui vous donne, disaient les grands mogols de la presse indépendante, comme Pulitzer et Hearst, est un état à qui vous devez, en contrepartie, quelque chose. Dans cette pièce de Molière écrite à l’algérienne par le maitre Boutef il y’aurait peu de Zadig à résister à la tentation de la rente et de celle liée au dinar symbolique. Pour la plus part, ils ont la tête à l’étranger depuis que la crise écrase les prix et lave plus blanc les transferts de capitaux. Les slogans qu’ils lancent à haute voix pour décrier le pouvoir s’écrasent à la vitesse de leurs 4×4 acquis en 5-et-3-8 contre l’extravagance insultante de leurs superbes villas peuplées de meubles à ne pas renvoyer d’échos.

Dans notre Kabylie où l’intelligence et l’imagination s’expriment en termes de villas acquises, dans une classe de députés, assurément, me disait un ami, Einstein ne serait pas admis en classe supérieure. La logique des députés lui fera perdre son latin scientifique et sa célèbre formule E=MC² de l’énergie atomique ne lui fournira même pas l’équivalent de l’énergie d’un sandwich dans un casse-croute à toute heure. Le fameux paradoxe EPR (Einstein-Podolsky-Rosen) fléchira de complexité devant le paradoxe APN, une institution où l’on s’élève à mesure qu’on se rabaisse.

FFS, RCD, MAK : le Triangle des Bermudes de la cause identitaire

Comment faire confiance à un opposant devenu aussi rapidement riche que les personnes auxquelles il s’oppose, au su et au vu des autorités qu’il ne cesse de décrier. Non, le tsunami de la corruption est tellement fort qu’il a englouti tout le monde sous la même vague, dirigeants et opposants à la fois. Les 3 partis kabyles créés, apparemment, beaucoup plus pour la division que pour la pluralité, forment une espèce de triangle des Bermudes au sein duquel demeure prisonnière la cause identitaire. La société livrée à elle-même doit désormais se débrouiller pour se recréer de nouveaux héros. Les héros du FFS et du RCD qui n’ont pas résisté à l’épreuve des tentations ne militent plus ou pas assez, ils trouvent plus facile de s’affronter entre eux plutôt que d’affronter le pouvoir, des décombres de leurs châteaux mal achevés se construira la société du MAK. Mais quel MAK ? Celui de l’autonomie ou celui de l’autodétermination? Non, je veux dire cette société kabyle autonome qui se débrouille, à la marge du pouvoir, par ses propres moyens. Sinon perdu dans sa lettre A, le MAK pris entre la nécessité de frapper plus fort contre un pouvoir qui ne veut rien savoir et un public qui risque de ne pas suivre au-delà de l’autonomie, semble pour le moment dans l’incapacité à fournir une réponse. L’idée d’avoir laissé tomber les autonomistes risque de lui jouer sur la conscience.


Le départ soudain et hautement imprévu de Saïd Sadi sans avoir au préalable préparé sa succession risque de voir son parti s’effondrer sur le vide que son départ aurait causé. Le FFS qui a toujours fonctionné sur le passé révolutionnaire et le charisme d’Ait Ahmed risque lui aussi de ne pas se trouver un remplaçant de la taille de son leader. D’où probablement l’idée de le faire remplacer par un comité de cinq.

La Particule autonome qui fascinait notre prof de Physique: un exemple à suivre pour le MAK?

Paul Dirac (1902-1984)

Il était une fois, dans les années 50, nous racontait notre professeur russe, une grande panique dans le monde de la physique. C’était l’histoire d’une particule quantique coincée au fond d’un puits de potentiel. Toutes les lois de la physique ne lui donnaient aucune chance de sortir à l’extérieur si on ne lui tende pas la main en lui fournissant une énergie nécessaire pour la faire sortir de là. Puisque l’impossible n’est pas quantique, on disait dans le jargon technique que la probabilité pour qu’un tel évènement se produise tend vers zéro. Au grand étonnement des physiciens, cette particule en observation, a été retrouvée, un de ces quatre, de l’autre côté de la barrière de potentiel. Une grande panique s’en était suivie dans le monde de la physique: le pilier sur qui a roulé toute la physique à ce jour, à savoir la loi inviolable de la sacro-sainte conservation de l’énergie, venait d’être remise en cause, et la physique en panne de principe , contrairement à nos élus, ne pouvait plus rouler.

 Finalement, in extremis, le britannique Dirac est venu délivrer le monde de la physique de ce cauchemar corpusculaire en annonçant que la brave particule qui avait dérouté tous les physiciens du monde a dû s’en passer de ce coup de main énergétique nécessaire à sa sortie du puits et parvenir au prix d’un effort surhumain ou plutôt « sur-particule » à sortir d’elle-même. Comment ? En creusant tout simplement un tunnel au niveau de son niveau d’énergie. On disait alors que la brave particule est sortie par ses propres moyens… sans une main tendue d’ailleurs. Cet exploit corpusculaire est dès lors rentré dans le jargon de la mécanique quantique sous le nom de l’effet tunnel.

Et, depuis ce jour où on avait fait connaissance en classe avec ce phénomène de l’effet tunnel, à chaque fois que l’on se retrouvait devant la difficulté d’un problème qui nous paraissait impossible à résoudre, notre prof de physique nous invitait à prendre l’exemple de la particule.

Que sont devenus les autonomistes de Kabylie? Le MAK dans le rôle de Dirac

Aux grands maux les grands remèdes et les situations extrêmes appellent à des mesures extrêmes. Avec une imagination stimulée, tous les problèmes ont des solutions, et comme on dit, la nécessité est la mère de l’imagination. Ainsi, en se servant de l’exemple de cette particule, ces kabyles autonomistes pourront-ils faire sortir par ses propres moyens la Kabylie de son fond de puits de corruption potentiel qui s’appelle dans notre cas le puits de pétrole? Sur ce, pour expliquer les bienfaits supposés de l’autonomie, le MAK doit jouer le rôle de Dirac.


Au fait que sont devenus les autonomistes de Kabylie ? Abandonnée par le MAK, l’idée désormais orpheline de l’autonomie que beaucoup trouvent séduisante, est réduite à l’état d’errance dans l’esprit d’un bon nombre de kabyles, à la recherche d’un nouveau leader qui la focalisera en force politique. Du fond de sa tombe présumée, notre prof de physique qui ne fait probablement plus partie de ce monde, toujours fasciné qu’il était par les systèmes autonomes, adresserait son coup de chapeau aux autonomistes kabyles et de tous les peuples de la planète. Un coup de chapeau de Schrödinger, sans doute.

Rachid C

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