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J'ai un seul bras qui bouge mais c’est mon bras d’honneur. Votre révolution ? J’y étais en touriste car j’avais compris qu’il fallait attendre, pas mourir. Votre dignité ? Elle ne vaut rien. Vous êtes médiocres et vous vous y complaisez. Ghardaïa et ses morts ? En quoi cela me concerne.

El Mouradia s’y trouve ? Non. Ma famille ? Non. Les miens ? Non. Donc je préfère parler du Barça que de vos cadavres. Je ne vous aime pas, je vous subis. Les élections ? De la foutaise pour des peuples de votre genre. On vous achète pour de la semoule et on peine à vous revendre tant vous ne valez plus rien. D’ailleurs cela fait des mois que je l’ai décidé : crever plus tôt que de serrer la main à un bicot de votre genre. Mourir plutôt que vous parler. Je suis le Président de ce pays justement pour ne pas avoir à vous croiser ou à vous subir. Il fut un temps, mais plus maintenant. Mourrez ou crevez, j’y suis et j’y reste. La moitié d’entre vous hurlera jusqu’à l’épuisement. Et l’autre moitié aime jouer du tambour et des hanches. Je l’ai voulu et fait : vous humiliez. Votre parti unique ? J’en ai fait un orchestre de flutes. Votre FLN ? J’en ai fait une prostituée. Votre armée ? Elle me sert de gros ventre et d’infirmière. Vos ministres ? Ils viennent pleurnicher comme des gamins chez mon frère. Votre police ? Elle est celle de mon homme. Vos élites ? J’en connais les tarifs, en solde d’ailleurs. Vous détestez la France ? C’est là que j’irais me soigner.

Je suis le dernier pied-noir de ce territoire de sauvages. Je le redis à chaque fois à mes amis blancs. Je l’ai dit au ministre des Affaires étrangères espagnol hier : ce n’est pas un peuple mais des hordes. Si je ne suis pas là, ils vont manger l’Espagne, la France, l’Occident, la civilisation. Vous m’avez laissé sans le sou et sans l’honneur en 78 ? Je vous laisserais ainsi : en colère, en désordre, en désespoir. Je vous promet le désert que j’ai traversé, le vieux manteau de Genève et mes rancunes. Je ne vous aime pas. Les colons avaient raison : vous êtes cupides, paresseux, sales, sans culture, vicieux et veules. Je vous jure que je l’ai fait exprès hier : parler de l’Atletico pendant que vous crevez de rage et d’émeutes. El Barça c’est mieux que Berriane. Je suis blanc, j’ai les yeux bleus et donc Dieu m’a choisi et je ne partage pas votre race, ni votre sort. Crevez dans votre rage, je possède les chiffres et vous n’avez que la bave et la lâcheté. Je vous connais depuis la guerre. Là, dans la solitude d’une nuit à Oujda, j’ai compris : je serais Roi, pas martyr. Il n’y a pas de dignité, il n’y a que des ruses. Moi, c’est le « j’ai compris », pas le « je vous ai compris ».

Et donc je vous humilierais. Jour après jour. Devant le Blanc qui vous blesse. Je lui serrerais la main, je pleurnicherais sur son épaule de mon destin de crucifié sur le dos d’un peuple courbé, je tricherais et j’irais crier à l’injustice sur les toits. Je vous vendrai un par un. Un seul bras ? Oui, mais un bras d’honneur peuple de savates et d’indicateurs. Je suis rare, unique et seuls les occidentaux comprennent mon martyr de missionnaire. Ils me rendent visite de temps en temps ici, je leur parle, je me confie à leurs cœurs et ils hochent la tête avec cette façon qui me ravissait depuis mon enfance. Je suis un exilé.

El Barça, c’est mieux que Berriane. Paul Balta me manque »

Par: Kamel DAOUD              

 

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