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imagesCAGG0EGKKarim Akouche est ingénieur de profession, mais ce sont Camus, Kateb Yacine, Steinbeck ou Rimbaud qui l’intéressent.

 

Les chiffres et les formules, ils les aiment bien, mais son regard est attiré par les étoiles, le rêve et la littérature. Non pas celle qui aligne des mots, mais l’autre qui recherche la beauté et dénonce l’inacceptable.

 

L’histoire d’Allah au pays des enfants perdus se déroule en Algérie, sa terre natale, qui n’offre même pas la possibilité de rêver dans un monde triste et kafkaïen. La révolution a eu lieu, mais 50 ans après elle n’apporte toujours pas les résultats promis. Des jeunes gens se rassemblent près d’un champ, au bord d’une route ou d’un cimetière et passent leur temps à discuter. Ils n’attendent rien de la vie car s’ils ont un projet, des fanatiques, ennemis de tout progrès, s’acharnent à le détruire. L’Algérie de Karim Akouche semble être le contraire même du Paris de Mai 68 : Interdit de rêver !

 

Ses personnages, enfants perdus et désœuvrés, voudraient quitter leur terre natale qui n’a plus rien à leur offrir. Roman de l’oisiveté involontaire, de l’ennui, de la corruption et du blocage. On comprend mieux en le lisant ce qui a poussé les Tunisiens, les Égyptiens et d’autres à se soulever.

 

Karim Akouche s’attaque au problème en le dénonçant, mais aussi en riant de l’hypocrisie, de la sottise et de la méchanceté des hommes. Il ose même des rabelaiseries (inventons ce terme) dans un pays qui ne mettra jamais Rabelais aux programmes scolaires. Il casse les codes, bouscule les lieux communs et veut faire avancer les choses. Ses personnages lui servent de porte-parole ou de repoussoirs. Il pousse la plaisanterie le plus loin possible, non pas pour provoquer gratuitement, mais dans le but de réveiller les consciences.

 

Étant dans l’impossibilité de réaliser ses rêves, un de ses personnages va essayer de s’en sortir à sa façon, mais nous ne révélerons pas la fin qui comporte une bonne dose de suspense. En bon lecteur de Chase, et pas seulement de Rabelais, Karim Akouche sait comment nous surprendre. Souhaitons que cette mer – la Méditerranée - qui empêche aujourd’hui de partir, devienne un jour un lieu de liberté où brilleront les étoiles.

 

Gary Klang

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