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DSCN0853.jpgAu début des années 90, les Ouadhias étaient devenues une daïra (sous-préfecture). L'accélération de l'urbanisation dépourvue de politique de gestion des déchets a conduit au cauchemar. Personne n'arrive à expliquer l'amplification du phénomène des feux qui embrasent les principaux quartiers de la ville : Tourna, la cité Mechoudi, Fekous...

 

Pourtant, avant le début de ces grandes fumées, des journées de sensibilisation avaient été organisées par les collectivités de ces quartiers. Des dizaines d'hectares de sous-bois, de chênes-lièges, de figuiers et d'oliviers, étaient parti en fumée ces dernières années, principalement en cause, une décharge sauvage à proximité de la ville et la dangereuse indolence des autorités. Aujourd'hui ce sont de nombreuses habitations qui sont menacées par ces grands feux. Des produits explosifs sont exposés au soleil.

 

La fumée s’impose 24h sur 24 avec une odeur nauséabonde. Cela fait au moins dix ans que cette décharge à moitié sauvage existe avec ses effets irréversibles sur la santé. Des camions qui n'appartiennent pas aux services techniques de la commune viennent y décharger des matériaux non contrôlés.

 

La vie quotidienne est rythmée par l'inertie et le silence pesant qui hante ses habitants. On peut lire de la tristesse dans leurs yeux. La ville est construite sur deux niveaux avec en bas les commerces. Les habitations récentes surplombent et entourent la ville. Des bâtisses imposantes qui d'ailleurs ne concordent pas avec l’architecture de la ville. Les oléiculteurs pensent déjà à la récolte qui sera amputée cette année encore par tous ces ravages.

 

Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour régénérer tout ce qui a été détruit par les feux de la décharge? Ce n’est pas parce qu’on se pavane avec un ordinateur, un téléphone-portable ou tout autre produit high-tech, que l'on peut se considérer développé. Non, non, l’essentiel nous manque. Et l’essentiel dans le cas qui nous préoccupe touche à l’environnement et à l’hygiène ! C’est la débâcle. Notre cadre de vie est devenu un dépotoir à ciel ouvert ! Tout le monde se lamente de l’état de dégradation de notre environnement. Même les étrangers de passage ne manquent pas de nous le faire remarquer. "Vous aviez une belle ville, un fleuron du tourisme en Kabylie, c'est quand même criminel que de pas prendre des mesures d'urgence pour enrayer cette pollution généralisée".

 

La protection de l’environnement, le respect des règles de l’hygiène ne semblent pas intéresser grand monde. La population aussi bien que ses responsables ne se soucient guère des problèmes de l’environnement et chacun n'en fait qu'à sa tête. Des montagnes d’ordures s’entassent. Elles font maintenant partie de notre paysage en lieu et place du Djurdjura.

 

Par Mokrane Neddaf     (source, kabyle.com) 

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