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P121024-06Le directeur du Théâtre régional de Béjaïa, Omar Fetmouche, était, vendredi passé, l’hôte des organisateurs de la 7e édition des journées théâtrales, Prix Malek Bouguermouh. Il a donc organisé une conférence sur la traduction théâtrale en tamazight.

 

Ainsi, le conférencier dira qu’«il est nécessaire, dans un premier temps, de spécifier que les textes destinés à la scène, entre autres le texte théâtral, présentent une particularité fondamentale lorsqu’il s’agir d’entreprendre une «traduction» de ces «matériaux» qui entrent dans la construction d’un spectacle, c’est-à-dire la réalisation d’un produit artistique (représentation théâtrale, spectacle d’opéra, opérette, etc..). Nous disons «matériaux» car nous considérons que le texte théâtral comme les décors, les accessoires, les costumes, la bande sonore, font partie d’un ensemble d’éléments qui participent à la création d’une pièce, d’où il serait délicat dans le cas d’une «traduction» de ce genre de considérer le «matériau» texte dans sa dimension intrinsèque et ne pas l’intégrer dans le processus global de la représentation théâtrale.

 

 Il est important de savoir quelle est la nature du texte que l’on à «traduire». Le texte théâtral est un genre spécifique qui traverse dans son processus de traduction d’autres étapes, qui ne concernent nullement les procédés de traduction d’autres textes littéraires. Le passage du texte-cible au texte-source n’est nullement la finalité sans l’intervention du metteur en scène. En conséquence nous pourrons conclure dans un premier temps qu’une pièce n’étant pas faite pour être lue, le texte théâtral n’est plus une fin en soi comme les autres genres littéraires car l’objectif final est le spectacle théâtral.

 

Tout comme il parlera de la possible traduction d’un segment de texte théâtral en tamazight, disant : «Quand on dit Bienvenue messieurs, ne vous gênez pas de dire en tamazight Ansuf yiswen, axxam thaxxam n’wen. Traduire ce segment de texte qui intervient dans la bouche d’un comédien ou plus précisément un personnage dans la pièce une nécessite pour le traducteur, culture théâtrale très large (nous insistons sur le fait que dans ce cas de figure nous sommes loin de la traduction purement linguistique mais que le traducteur doit maitriser les mécanismes et les outils de la dramaturgie et des techniques de scène).

 

De ce fait, le segment sera soumis à un arsenal de procédés et d’exigences dont nous citerons quelques éléments : les dialogues permettent aux acteurs de créer des personnages et de donner vie à des situations concrètes, et les comédiens cherchent dans les niveaux de langue, les argumentaires, les champs sémantiques, et les constructions grammaticales, des indices pour décrypter la psychologie des personnages et les enjeux des situations.

 

Aussi, la mission du traducteur et d’intervenir sur le matériau linguistique et développer une attitude de spectateur en visualisant d’ores et déjà le texte sur scène. Il consiste à transmettre les indices dans la langue-cible 1 destinée au premier destinataire qui est le personnage mis en scène dans le dialogue, avant de passer par le biais du metteur en scène vers une 2e langue-cible 2 destinée à un 2e récepteur : Le public. S’imaginer à la place du metteur en scène créateur du «texte scénique» et donner à chaque chose son importance, à savoir l’ordre dans lequel sont agencés les éléments dans une phrase, les tics de langage, les répétitions, les fautes, le rythme et la longueur des répliques, les allitérations… etc. Le «traducteur» est contraint de privilégier certains aspects car il est difficile, voire impossible, de reproduire tout exactement.

 

 Pour schématiser, «les dialogues qui constituent une partie du texte théâtral» pourraient être comparés à la partie visible d’un Iceberg, la partie invisible étant la partie des didascalies dans le texte théâtral indiquant les situations, le contexte social, politique et culturel, l’époque, les sentiments et émotions des personnages ainsi que la signification, le sens que l’auteur a donné à sa pièce. Selon le schéma d’Alexandre Drouet, nous aurons la chose suivante : La langue-source, langue-cible 1 et langue-cible 3. Selon Edouar Bond, une pièce doit vivre dans deux espaces : Dans la psychologie des personnages ainsi que dans le monde où ils se trouvent.

 

 Ce monde se divise en trois : monde naturel, monde social et espace particulier. Chaque réplique doit «vivre» simultanément dans tous ces mondes». Par «espace particulier», il y a lieu de considérer que chaque réplique définit le personnage par rapport à lui-même, traits de caractère, époque et endroit où il se trouve, situation professionnelle, statut social, culture, façon de parler propre…


R. M.

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