Une commission de wilaya, chargée d’inspecter les lieux de culte chrétiens, est à pied d’œuvre dans la wilaya de Béjaïa, depuis une dizaine de jours, a-t-on appris du président de l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA), M. Haddad.
Cette commission, composée, entre autres, d’un fonctionnaire de la DRAG, d’un cadre de la direction des affaires religieuses et d’un élément de la Protection civile, a pour mission de «contrôler le plan de sûreté interne desdits lieux de culte», a-t-on expliqué. Cette commission aurait déjà visité, selon notre source, les lieux de culte des deux communautés chrétiennes se trouvant au centre-ville de Béjaïa, et ceux des communautés d’Akbou et d’Ighzer Amokrane, toutes officiellement affiliées à l’EPA. C’est pour la première fois qu’une commission de wilaya décide d’inspecter des lieux de culte chrétiens, alors que ces communautés, affirme notre interlocuteur, activent légalement depuis plusieurs années. Par ailleurs, nous apprenons du président de l’EPA que le pasteur de la communauté d’Ouargla a été destinataire, récemment, d’une notification du wali de la wilaya lui ordonnant de cesser toutes activités cultuelles jusqu’à nouvel ordre. Cela s’est passé, souligne-t-il, après la sortie d’inspection d’une commission de wilaya d’Ouargla au niveau du lieu de culte de cette communauté. Le président de l’EPA qualifie cette décision d’«incompréhensible», d’autant plus que cette communauté active depuis presque dix ans maintenant. «Cette communauté, qui est une annexe de l’Eglise Protestante d’Algérie, détentrice d’un agrément datant de 1974 et délivré par le ministère de l’Intérieur, active légalement depuis 2008 au vu et au su de tout le monde, y compris des autorités locales et des services de sécurité. Nous ne comprenons pas comment une commission décide subitement d’ordonner la cessation de ses activités, arguant qu’elle ne dispose pas d’autorisation», s’est-il interrogé. Le dignitaire de l’EPA nous a informés, dans ce même sillage, que la salle de culte de la communauté d’Oran a été mise sous scellés, au mois d’octobre dernier, pour des motifs «infondés».
Boualem S. ( source la dépêche de kabylie)
