Une stèle à l’effigie du militant, portant un livre symbolisant le savoir, a été érigée en face de l’hôpital de la ville, en présence d’une importante foule.
Une stèle a été inaugurée mardi dernier en hommage au militant de la cause amazighe, Mohamed Uharun (Masin Harun), par les autorités locales et la société civile. La stèle représente le militant avec un livre à la main. L’inauguration a eu lieu après le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de Masin Harun, sise à Tifrit, son village natal, et après une marche qui a démarré de l’ancienne ville d’Akbou.
La veille, une conférence-débat a été animée par Rachid Oulebsir, à Tifrit, relatant le parcours du militant et son combat pour l’Algérie, dans laquelle il espérait voir une place pour l’amazighité.
Après s’être opposé à de précédents projets proposés par les associations et quatre ans après l’émergence de l’idée au niveau de l’Etoile culturelle, la commune d’Akbou donne forme à la placette Masin Harun, en face de l’hôpital Akloul Ali, lieu qui hébergeait des tonnes d’ordures dans un passé récent.
Le militant fondateur de l’Organisation des forces berbères (OFB) est honoré de la meilleure façon, en présence de sa famille, ses amis et des militants de la cause amazighe.
La soirée du deuxième jour a été pleine d’émotions, d’anecdotes et de témoignages. Son parcours de militant est revisité au grand jour par ses anciens compagnons de route. Son incarcération injuste à la prison de Batna est évoquée par l’ensemble des intervenants et l’épisode de la mort de sa mère en allant lui rendre visite a ému les présents dans la salle des délibérations de l’APC.
On a aussi rappelé les préoccupations majeures et les revendications de l’homme qui commencent à aboutir, à l’image des avancées qu’enregistrent la langue et la culture amazighes.
«Cette journée de reconnaissance à son combat est un bel hommage populaire, citoyen et militant. Un homme qui a dédié toute sa vie à la cause et à l’identité amazighes. Aujourd’hui, il peut reposer en paix», nous confie Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.
De son côté, M. Cherifi a souligné l’implication directe de sa génération dans l’institutionnalisation de la langue amazighe et ses sacrifices qui n’ont pas été vains. «La langue amazighe n’est pas venue d’une volonté hasardeuse du pouvoir, nous avons des militants qui ont lutté pour ça et cet aboutissement vient après le combat de plusieurs générations sauvagement réprimées», dit-il.
Une autre conférence a été animée mercredi dernier par l’universitaire Saïd Chemakh sur «le combat pour l’amazighité, de la crise berbériste à nos jours, quelle avancée et quelles perspectives ?». La clôture de cette manifestation a eu lieu jeudi soir avec un gala artistique animé par plusieurs chanteurs connus d’expression amazighe, en l’occurrence Ali Ideflawen, Groupe GAB, Groupe Chawi et Djaâfar Ali Maâmar.
Boualem Bacha ( Source El-watan)
