
Les tentatives d’émigration clandestine s’amplifient. Plusieurs dizaines de candidats à la harga, de tous les âges et de toutes les conditions, choisissent de traverser la mer pour rejoindre l’Europe au péril de leur vie. Recensées auparavant à certaines périodes précises de l’année (printemps, été), les tentatives de harga sont signalées désormais tout au long de l’année.
Même en période hivernale. Ces derniers jours, les bilans des morts en Méditerranée reviennent comme une litanie. Dernier recensement macabre de l’année : vingt migrants morts, jeudi 20 décembre 2018, au large d’Oran, après que leur embarcation eut pris feu, selon une source sécuritaire citée par l’APS. Neuf d’entre eux, dont deux nourrissons, ont été sauvés du bateau qui transportait au total 29 personnes, toutes algériennes. Parmi les neuf personnes secourues, dont deux bébés, cinq portent des traces de brûlure.
Dans le bilan annuel rendu public à l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée le 18 décembre, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), précise qu’environ 3000 personnes auraient péri en mer depuis 2009. Par ailleurs, si l’Algérie perd ses enfants par centaines, elle en reçoit des milliers d’autres, originaires des pays subsahariens. Des contingents de migrants arrivent sur le territoire national, surtout par les frontières du Sud. L’Algérie a choisi une solution : leur «rapatriement».
Des opérations sont ainsi menées depuis 2014 : au moins 16 000 personnes nigériennes et de diverses autres nationalités subsahariennes, dont des migrants demandeurs d’asile et réfugiés en situation régulière, ont été expulsées vers le Niger voisin.
La LADDH, qui a recensé des cas d’abus, considère que la situation de la gestion des flux migratoires nécessite une révision des textes sur l’asile, un traitement moins dur, etc. L’organisation considère aussi que le phénomène ne concerne pas seulement l’Algérie, mais tous les pays du voisinage. Le vice-président de la LADDH, Saïd Salhi, a plaidé à cet effet pour un «dialogue régional autour de cette situation dans le respect du standard universel des droits humains, la solution est régionale et mondiale». Sera-t-il entendu ?
IDDIR Nadir ( Source El-watan)