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Djaffar.pngInvité à Illiltène, ce chanteur est revenu sur son actualité, sa musique, la situation des artistes en Algérie, la chanson kabyle et sur son père Lounis Aït Menguellet.

Djaffar Aït Menguellet était, ce jeudi, l’hôte du village Illiltène, dans la commune de Saharidj, pour une visite de courtoisie. Visite qui l’a mené à découvrir la région en compagnie des membres du comité des sages du village ainsi que d’étudiants. Fidèle à lui-même, il n’a pas hésité à répondre aux questions posées, et ce, en toute simplicité, questions qui portaient essentiellement sur son père Lounis mais aussi sur son actualité.


Ainsi, Djaffar est actuellement en préparation de son nouvel album : “Je prépare les derniers arrangements, j’apporte les dernières retouches aux textes et à la musique. Je vais parfois au studio pour apporter une nouvelle touche ou pour mixer”, a-t-il indiqué. Interrogé sur la thématique de son prochain opus, Djaffar répondra que les textes évoqués sont issus du quotidien des jeunes. “La jeunesse, la vie, Tamurt, l’amour, tous ces sujets qui sont les préoccupations des jeunes”.


Questionné sur Zeddek Mouloud et les pressions subies par le chanteur, Djaffar se montrera catégorique quant aux valeurs démocratiques : “Cela n’a pas de sens ! Un artiste peut être apprécié ou pas, écouté ou non, mais il ne doit en aucun cas être victime de pressions pour s’être exprimé sur un sujet ou un autre”. Abordant la condition précaire de l’artiste en Algérie, l’hôte d’Illiltène déplorera l’absence de soutien : “Sous d’autres cieux, les intermittents du spectacle sont protégés par plusieurs dispositifs, ils sont déclarés, bénéficient d’une retraite, mais, ici, un chanteur ou tout autre artiste doit faire deux métiers pour vivre”. Et d’ajouter : “Il chante par passion sans pouvoir se consacrer pleinement à son art, en plus il est confronté au piratage dès la sortie de son album, et les dividendes qu’il retire de la vente de son produit sont de facto quasi nuls”.


Pour Djaffar, il y a de l’espoir pour que la chanson kabyle soit de nouveau reconsidérée à sa juste valeur, il suffit juste que la société prenne conscience de son rôle : “Ces dernières années on s’aperçoit que lors de la célébration des mariages, les DJ sont omniprésents ; le raï, je n’ai rien contre cette musique, a aussi fait son apparition, il s’agit de phénomènes étrangers à notre culture”, a-t-il précisé. Et d’indiquer : “Si les parents évoluent dans un environnement kabylo-kabyle, leurs enfants seront automatiquement bercés par le bain linguistique, je me rappelle qu’étant enfant, j’écoutais beaucoup du Slimane Azem, Idir… C’est cette ambiance musicale qui rythmera par la suite la vie des enfants”. Ne pouvant échapper à une question d’actualité sur Lounis Aït Menguellet, Djaffar dira : “Lounis, oui je l’appelle ainsi, se trouve actuellement en France, il aurait été très heureux de l’accueil chaleureux qui m’a été réservé, et son prochain album est en préparation, un album qui devrait voir le jour entre mars et avril 2014”.


Nous apprendrons que cinq titres sont d’ores et déjà fin prêts, et que c’est toujours son fils Djaffar qui est aux commandes des arrangements.
Interrogé sur la sortie de son propre album, Djaffar pense qu’il sera fin prêt “demain matin à 8h !”, avant d’éclater de rire. “Non, je plaisante, je pense sincèrement qu’il sera sur les étals à la mi-novembre”.

 

Par : Hafidh Bessaoudi

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