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sans-titre4Et Caracalla mit sur les épaules du Président cette cape bariolée. Une sorte de manteau levantin sorti de l’imaginaire d’un chorégraphe libanais qui nous envoya un message désolant : ce 5 Juillet ne fut pas la fête du peuple mais bien une célébration à la gloire d’une seule personne.


Depuis des mois, on a cru que le Cinquantenaire allait être grandiose. Ceux qui s’inquiétaient du retard à l’allumage ont été convaincus que l’Algérie, et son État si prompt aux célébrations nationales, allait bien se ressaisir et nous offrir quelque chose de majestueux. D’intemporel. Un anniversaire qui allait marquer une rupture. Comme un nouveau départ d’une Algérie fière de son passé, tournée vers des lendemains qui chantent et qui peut regarder les autres en face, comme un fellaga regardait la mort avec le sourire.

 
Ce qui nous a été servi était indigeste. Le peuple a été convoqué à coups de milliards et de feux d’artifices chinois (il faut reconnaître que ce sont les meilleurs pour vous enfumer). Il a été prié de danser, de chanter, de klaxonner et de crier la joie d’une liberté retrouvée et qu’on veut consacrée. Depuis des mois, alors que la France assassinait notre mémoire une seconde fois en exhumant ses harkis et ses pieds-noirs, dans leur version d’une vision néocolonialiste du 5 Juillet 1962, les Algériens se préparaient à faire la démonstration de leur début de maturité. Car 50 ans, c’est tout de même jeune dans la biologie d’une nation.


Il n’en fut rien. Dans le zèle démonstratif des gardiens de la monarchie républicaine qu’on est devenu, le bilan de l’Algérie s’est confondu avec celui du président de la République. On semblait fêter la treizième année du recouvrement de la souveraineté présidentielle au lieu d’un Cinquantenaire ! Pourquoi ont-ils fait ça ? Pourquoi le Président s’est prêté à ce jeu ingrat visant à le glorifier au lieu de commémorer les chaînes brisées d’un peuple, quasi absent des festivités ? Pourquoi nous a-t-on infligé ce spectacle sorti du brainstorming de ceux qui voulaient défendre un bilan politique au lieu d’une identité retrouvée ?


Des questions qui vont s’évaporer comme la fumée d’un pétard. Le 5 Juillet est passé. Nous sommes indépendants n’en déplaise aux nostalgiques des deux bords. Nous sommes les martyrs réincarnés car leur sang a arrosé nos joies. Ceux qui sont morts pour que nous vivions ne méritaient pas ça.

 

Par : Mounir B.

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