Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

images12L’un après l’autre, les organisateurs ont rappelé la revendication du peuple kabyle, à savoir son autodétermination. Après ces allocutions, les responsables du MAK, dont particulièrement Bouaziz Aït-Chebib, ont appelé les manifestants à se disperser dans le calme. C’est ce qui se passa effectivement. Le MAK a bel et bien prouvé sa politique pacifique. Quand fut déclarée la fin de la manifestation, il était un peu plus de midi.

Ils étaient plusieurs milliers de citoyennes et citoyens kabyles à marcher aujourd’hui à Tizi-Ouzou ; marche à laquelle a appelé la direction du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK). Ce rendez-vous historique a été voulu par ses initiateurs comme un moyen de dénoncer le cauchemar du 20 avril dernier et aussi lancer un défi à l’endroit de celles et ceux qui, par leur allégeance à la France néocoloniale et l’Otan, branche armée de l’impérialisme, militent dans le sens de diluer le peuple kabyle dans le moule arabo-islamiste.

 

Tôt le matin, l’espace du devant le portail de l’université Hasnaoua, lieu de départ de la marche, était déjà envahi par une véritable marée humaine. A dix heures, pour se frayer un petit passage, il fallait bien jouer des coudes. Les antiennes et les slogans à la gloire de la Kabylie ont déjà commencé. Banderoles, couleurs kabyles et portraits de Ferhat M’henni étaient fièrement tenus par des manifestants.

 

Et au fur et à mesure que le temps passait, les rangs du MAK, gonflés déjà depuis longtemps, grossissaient. Les organisateurs, qui avaient planifié la marche jusqu’à ses moindres détails, circulaient dans tous les sens pour vérifier, et ce par acquis de conscience, que tout se passait selon leurs calculs.

C’est aussi à ce moment qu’une jeune fille, symbole même d’Aphrodite, s’approcha du président du MAK, Bouaziz Aït-Chebib, pour lui offrir un bouquet de fleurs et un burnous. Cette même jeune fille habilla le président du MAK de ce splendide burnous. Il nous semble superfétatoire de mentionner la symbolique du burnous chez le peuple kabyle. Toujours est-il cependant que pendant que Bouaziz Aït-Chebib se faisait habillé de cet habit ancestral par la jeune fille, les photographes, très nombreux sur place, mitraillaient la scène à coups de flashs.

 

Pendant ce rassemblement, le temps a semblé perdre sa notion. « Il est déjà onze heures ? », firent plusieurs voix en même temps quand un responsable cria l’ordre d’entamer de la marche. Un moment et un spectacle qui incitent à l’inspiration de poètes bien racés. Et comment ! des centaines de personnes de tous les âges et des deux sexes formant chaque carré et l’ensemble des carrés scandaient à l’unisson des slogans à la gloire de la Kabylie et de ses représentants et chantaient des antiennes.

 

Quand le premier carré a atteint le carrefour du stade du Premier Novembre, les carrés se trouvant au bas de l’université Hasnaoua, presque sur le boulevard Krim Belkacem, n’avaient pas encore bougé. Ils n’avaient pas le moindre espace devant eux pour faire le moindre pas en avant. Comme les pouvoirs publics avaient décidé de ne pas recommencer l’incartade du 20 avril dernier, ils avaient donc décidé de ne pas se montrer. Tout l’itinéraire de la marche, soit du portail de l’université Hasnaoua jusqu’au Rond-Point (Place de l’ex-Mairie) a été fermé à la circulation automobile. Pas le moindre policier en tenue de combat n’a été vu tout au long de la marche. Seuls des policiers en civil lesquels d’ailleurs sont presque tous connus des citoyens en général et particulièrement des responsables du MAK.

 

Une fois arrivés à la place des Martyrs du Printemps Noir (carrefour du Djurdjura), des milliers de voix scandaient en chœur « Ferhat, Président de la Kabylie ! », « Assa azeka, Ferhat Yella Yella ! ». Pour mieux renseigner nos lectrices et lecteurs sur le nombre important des manifestants, nous avons rejoint un balcon d’un appartement du bâtiment CNEP pour des prises de vue. A vrai dire, seul un professionnel de la photographie muni d’un matériel PANAVISION pouvait réunir dans son objectif le maximum de personnes. Le nombre de manifestants était tel qu’il était impossible de les prendre tous en une seule image. Toujours pacifistes, les premiers carrés de manifestants tournèrent à gauche, et ce conformément au programme, pour entamer ensuite l’avenue Abane Ramdane.

 

Et une fois à la place de l’ex-Mairie, les premiers manifestants devaient attendre plusieurs minutes pour être rejoints enfin par leurs camarades ayant formés les derniers carrés. C’est devant cette déferlante marée humaine que les responsables du MAK ont prononcé, chacun en ce qui le concerne, son discours.

L’un après l’autre, les organisateurs ont rappelé la revendication du peuple kabyle, à savoir son autodétermination. Après ces allocutions, les responsables du MAK, dont particulièrement Bouaziz Aït-Chebib, ont appelé les manifestants à se disperser dans le calme. C’est ce qui se passa effectivement. Le MAK a bel et bien prouvé sa politique pacifique. Quand fut déclarée la fin de la manifestation, il était un peu plus de midi.

 

Addenda : A cette manifestation, beaucoup d’universitaires et intellectuels y ont pris part. Par ailleurs, plusieurs voix nous ont soufflé à l’oreille que « Ferhat M’henni finira par dire le dernier mot ». « Il dira le dernier mot parce que ce sont ses thèses qui reposent sur le bien-fondé et la clairvoyance », ont précisé nos interlocuteurs. En plus des membres de la direction du MAK présents en force, Bouaziz Ait Chebib, Hocine Azem, Fatiha Rahmouni, Hachime Mohand Ouamer, Mouloud Mebarki, Gaya Chemlal, Salim Bachouche,... d’autres figures connues ont participé à l’image de Said Doumane, Idir Ounoughène, Said Chemmakh, Boudiaf Boussad... C’est bel et bien une Kabylie unie et indivisible comme l’a mentionné d’ailleurs une pancarte hissée par un manifestant. S’agissant de la presse, il va sans dire qu’elle a été présente en force à ce rendez-vous.

 

 

Par :Said  Tissegouine

Partager cet article

Repost 0