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DES CENTAINES DE CITOYENS À TAOURIRT MOUSSA, HIER Recueillement sur la tombe de Matoub Lounès

Hier, le 61e anniversaire de la naissance du Rebelle n'est pas passé inaperçu, du moins à Taourirt Moussa.

Comme il fallait s'y attendre, et à l'instar des années précédentes, des centaines de citoyennes et de citoyens, majoritairement des jeunes, se sont rendus en masse, hier, au village Taourirt Moussa. Il s'agit du petit village de montagne, qui a vu naître et grandir Matoub Lounès.
Hier, le 61e anniversaire de la naissance du Rebelle n'est pas passé inaperçu, du moins à Taourirt Moussa, car ailleurs, la presse locale n'a pas été destinataire de programmes commémoratifs de cet anniversaire.
Cet événement était pourtant marqué par plusieurs activités culturelles et artistiques dans le passé. Le climat extrêmement froid et les pluies battantes de ces derniers jours sont-elles pour quelque chose dans cet oubli? En tout cas, les centaines de jeunes, venus de partout hier pour se recueillir sur la tombe du Rebelle, à Taourirt Moussa près d'Ath Douala, eux, n'ont rien oublié.
Il se souviennent toujours du combat de Matoub Lounès, de sa vie tumultueuse et de son oeuvre poétique et artistique monumentales.
Ces jeunes ont bravé le froid et la pluie. Ils sont venus déposer des gerbes de fleurs sur la tombe du Rebelle ou encore allumer des bougies à l'intérieur du garage où se trouve toujours la voiture criblée de balles, que conduisait Matoub Lounès quand 78 balles ont été tirées sur son véhicule un certain 25 juin 1998 à 13 h 30 min.
Quand nous atterrissons, à notre tour, dans le village le plus visité en Kabylie, surtout durant la journée du 25 juin de chaque année, il y avait beaucoup d'émotion dans l'air. Les jeunes présents sur place étaient à peine des gosses quand l'assassinat de Matoub avait ébranlé la Kabylie. Ils témoignent que c'est grâce à leurs parents ou à leurs aînés frères et soeurs qu'ils ont découvert toutes les facettes du Rebelle. Ils sont d'abord tombés sous le charme de la voix de Matoub en l'écoutant dès la première fois. Puis, racontent-ils, près de la fontaine construite par le Rebelle pour les villageois, ils ont commencé à l'aduler après avoir pris connaissance de son parcours de combattant, de son courage et de sa sincérité.
«J'aurais tant aimé le voir au moins une fois, une seule fois, de son vivant, mais quand Matoub a été tué, j'avais à peine six ans», déplore Idir, venu spécialement d'Akbou (dans la wilaya de Béjaïa) à Taourirt Moussa pour marquer à sa manière l'anniversaire de la naissance du Rebelle.
Le fan du Rebelle s'enorgueillit de pouvoir interpréter toutes les chansons du Rebelle de A à Z. Son compagnon nous confie que, c'est grâce aux chansons de Matoub, qu'il arrive à surmonter les difficultés de sa vie.
«Quand j'apprends qu'un homme aussi grand que Matoub a tant souffert dans la vie, je me dis que c'est une fierté que de vivre des moments difficiles tels ceux auxquels je suis confronté depuis mon enfance», enchaîne notre interlocuteur.
Les jeunes filles étaient également au rendez-vous avec l'anniversaire de la naissance de Matoub. Même si à un certain moment, le public de Matoub était plutôt plus masculin, avec le temps, les femmes kabyles ont appris à aimer également ses chansons malgré le timbre viril de sa voix et la colère qui se dégage de sa manière d'interpréter. Hier, les fans de Matoub étaient à Taourirt Moussa.
Le ciel n'a pas cessé de pleurer l'enfant de Nna Aldjia dont les yeux, à force de larmes, ont séché depuis le 25 juin 1998. En ce jour funeste, Nna Aldjia a perdu son fils unique et la Kabylie a perdu son Rebelle unique.

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Tag(s) : #CULTURE

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